La vague d'attaques qui a frappé presque simultanément le Burkina Faso, le Mali et le Niger entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet 2026 marque, selon plusieurs analystes, un tournant dans le conflit sahélien. Ces offensives coordonnées montrent que les groupes armés ont fait évoluer leur stratégie et cherchent désormais à mener une guerre d'usure à l'échelle de toute la région de l'Alliance des États du Sahel (AES).
Une offensive à l'échelle régionale
Au Burkina Faso, les localités de Gayéri, Solhan et Sebba ont subi des attaques d'envergure, auxquelles les Forces armées burkinabè ont répondu par une contre-offensive. Cette concentration d'attaques dans un intervalle de temps réduit, et sur les territoires des trois pays membres de la Confédération, illustre la volonté des groupes armés de disperser les forces de sécurité et de mettre à l'épreuve la coordination militaire entre les trois États du Sahel.
Des armées qui ont investi dans leurs capacités
Depuis les changements politiques intervenus à partir de 2023, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont massivement investi dans le recrutement, la formation, le renseignement, les drones et la coordination de leurs opérations. Ces efforts ont modifié le rapport de force sur le terrain, mais la nouvelle stratégie d'usure adoptée par les groupes armés impose aux forces sahéliennes de maintenir un effort continu sur des théâtres multiples et éloignés les uns des autres.
L'enjeu de la mutualisation des moyens
Face à cette menace régionalisée, la mutualisation des moyens militaires reste l'un des chantiers prioritaires de l'AES, qui a fait de la sécurité collective l'un des piliers de sa Confédération créée en juillet 2024. La capacité des trois armées à partager le renseignement et à intervenir de manière coordonnée sera déterminante pour contenir une insurrection qui a désormais clairement choisi le terrain de l'usure et de la simultanéité.