La région de l'Extrême-Nord du Cameroun fait face au retour du choléra. Les autorités sanitaires ont annoncé le renforcement de la riposte après la confirmation d'une dizaine de décès liés à une épidémie dans le département du Logone-et-Chari, où 166 cas ont été notifiés dans quatre districts de santé, un rebond qui a conduit le ministère de la Santé publique à intensifier ses mesures sur le terrain.
Un foyer épidémique dans le Logone-et-Chari
Selon le délégué régional de la Santé publique, les districts de santé de Mada et de Makary ont été officiellement déclarés en épidémie, tandis que ceux de Kolofata et de Fotokol restent sous surveillance en raison de cas suspects. Les enfants et adolescents âgés de 5 à 14 ans figurent parmi les plus touchés par la maladie, dont l'apparition est attribuée à l'arrivée d'un malade en provenance du Nigeria voisin, dans une zone frontalière marquée par une forte mobilité des populations.
Une réunion d'évaluation à Maroua
Face à la progression de la maladie, le ministre de la Santé publique a présidé à Maroua une réunion d'évaluation avec le gouverneur de la région et les responsables sanitaires locaux. Les échanges ont porté sur la coordination de la riposte, l'approvisionnement en intrants médicaux, la prise en charge des malades et le renforcement de la surveillance épidémiologique dans les districts concernés, afin d'éviter une extension du foyer à d'autres localités.
Prévention et enjeux d'accès à l'eau
Maladie liée à la consommation d'eau et d'aliments contaminés, le choléra prospère là où l'accès à l'eau potable et à l'assainissement reste limité. Les autorités appellent les populations à respecter les mesures d'hygiène, à consommer de l'eau traitée et à se rendre rapidement dans les centres de santé au moindre symptôme. Dans une région déjà éprouvée par l'insécurité et les déplacements de population, la lutte contre l'épidémie constitue un défi de santé publique majeur pour le Septentrion camerounais.