La voie diplomatique reste ouverte entre la CEDEAO et l'Alliance des États du Sahel. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest a prolongé de trois mois la mission de médiation confiée à l'ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, chargé de faciliter le dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Son mandat, désormais reconduit, court du 26 juin au 25 septembre 2026.
Un médiateur reconduit pour trois mois
Nommé en mars 2026 envoyé spécial et négociateur en chef, Lansana Kouyaté est chargé de conduire un dialogue structuré entre la CEDEAO et les trois pays de l'AES. La décision de prolonger son mandat traduit la volonté de l'organisation ouest-africaine de privilégier la négociation plutôt qu'une rupture définitive, en maintenant un cadre de discussion ouvert malgré des positions qui demeurent éloignées entre les deux blocs.
Un retrait effectif mais un dialogue maintenu
Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO est effectif depuis janvier 2025. Les trois États, qui reprochent à l'organisation de ne plus répondre aux aspirations de leurs peuples, ont consolidé leur propre Confédération de l'Alliance des États du Sahel. Malgré cette séparation institutionnelle, les deux parties ont maintenu des canaux de discussion, notamment sur des questions de libre circulation, d'échanges commerciaux et de coopération sécuritaire.
Des enjeux régionaux considérables
L'issue de cette médiation revêt une importance particulière pour toute l'Afrique de l'Ouest, tant les liens humains, économiques et sécuritaires entre les pays de l'AES et leurs voisins restent étroits. Pour les populations frontalières, la préservation d'un cadre de coopération conditionne la fluidité des échanges quotidiens. Les prochains mois diront si le dialogue engagé permet de bâtir une relation apaisée entre deux ensembles désormais distincts mais interdépendants.