Le retour des grandes pluies ravive une angoisse familière dans l'Extrême-Nord du Cameroun. Chaque année, à la même période, la montée des eaux des mayos et des cours d'eau expose des milliers de personnes au risque d'inondations. Habitations menacées, champs submergés, routes coupées : les populations de cette région parmi les plus exposées du pays scrutent le ciel avec appréhension, redoutant la répétition d'un scénario devenu presque cyclique.
Un phénomène récurrent et redouté
Les inondations font partie du quotidien de la saison des pluies dans l'Extrême-Nord. Le débordement des mayos et la saturation des sols provoquent régulièrement la submersion de quartiers entiers, en particulier dans les zones basses proches du Logone et des grands axes fluviaux. Les habitants, souvent installés dans des habitats précaires, comptent parmi les premières victimes de ces montées des eaux qui détruisent maisons, biens et récoltes en quelques heures.
Des conséquences lourdes pour les populations
Au-delà des dégâts matériels, les inondations pèsent sur la sécurité alimentaire et la santé des communautés. La destruction des cultures fragilise des ménages déjà vulnérables, tandis que la stagnation des eaux favorise la propagation de maladies. Les déplacements de population, la coupure des routes et l'isolement de certaines localités compliquent par ailleurs l'acheminement de l'aide et l'accès aux services essentiels, aggravant une situation humanitaire déjà tendue dans la région.
La prévention au cœur des priorités
Face à ce risque récurrent, la prévention et la préparation apparaissent comme des leviers essentiels. Aménagement des zones à risque, entretien des ouvrages de drainage, systèmes d'alerte précoce et sensibilisation des populations sont autant de pistes régulièrement évoquées pour limiter l'impact des crues. Pour les acteurs locaux, la maîtrise du risque d'inondation dans l'Extrême-Nord constitue un enjeu de long terme, indissociable des questions de développement et d'adaptation au changement climatique.