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Sahel — CEDEAO

CEDEAO : un 69e sommet à Lungi sur fond de coexistence avec l'AES

Cadre institutionnel et diplomatique, illustration du sommet de la CEDEAO consacre a l'integration regionale et aux relations avec l'AES

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se réunit en sommet à Lungi, en Sierra Leone, pour sa 69e session ordinaire. Un an et demi après le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger, désormais réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), la question des relations entre les deux organisations demeure en toile de fond. Paix, gouvernance, commerce et intégration figurent au cœur d'un ordre du jour scruté bien au-delà de l'espace ouest-africain.

Gérer l'après-retrait

Depuis le départ des trois pays sahéliens, la CEDEAO cherche à préserver des liens avec ses anciens membres, notamment sur la libre circulation des personnes et des biens, sujet sensible pour des populations aux échanges anciens et profonds. Le sommet de Lungi demeure un rendez-vous interne à l'organisation, et aucune rencontre officielle avec l'AES n'était annoncée. Mais les dossiers examinés, de la sécurité au commerce, restent étroitement liés aux rapports avec les voisins sahéliens, dans une recherche de coexistence pragmatique.

Une confiance politique encore fragile

Les relations entre la CEDEAO et l'AES restent marquées par les contentieux hérités des dernières années : sanctions, désaccords sur les calendriers de transition et tensions autour des questions sécuritaires. Si les canaux de dialogue n'ont pas été totalement rompus, la confiance politique demeure fragile. En amont de futures consultations, des experts des trois pays de l'AES s'étaient réunis pour préparer une position commune sur la sécurité, le commerce et la stabilité régionale, signe d'une volonté de structurer le dialogue sans renoncer à l'autonomie affichée.

L'intégration régionale à la croisée des chemins

Au-delà des postures, l'enjeu de fond reste la préservation d'un espace d'intégration régionale malgré la recomposition en cours. Les échanges commerciaux, la lutte contre le terrorisme et la gestion des frontières appellent des formes de coopération que ni la CEDEAO ni l'AES ne peuvent totalement ignorer. Le sommet de Lungi illustre la difficulté à concilier souveraineté revendiquée et interdépendance de fait, dans une Afrique de l'Ouest à la recherche d'un nouvel équilibre entre deux ensembles appelés, pour l'heure, à cohabiter.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV