La situation épidémiologique reste préoccupante sur le continent. Près de 250 000 cas de choléra ont été signalés en Afrique depuis le début de l'année 2026, un total qui dépasse déjà celui enregistré sur l'ensemble de l'année 2024. Cette progression, portée par plusieurs foyers actifs, notamment dans des zones de conflit, s'accompagne toutefois d'un élément encourageant : la reprise des campagnes de vaccination préventive, rendue possible par une amélioration de l'approvisionnement mondial en doses.
Des foyers liés à l'eau et aux crises
Le choléra prospère là où l'accès à l'eau potable et à l'assainissement fait défaut. Les zones de conflit, les camps de déplacés et les quartiers urbains densément peuplés concentrent une part importante des cas. Au Soudan, une flambée déclarée au printemps a provoqué plusieurs dizaines de décès dans des zones difficiles d'accès. Ailleurs sur le continent, les épisodes de fortes pluies et d'inondations favorisent la contamination des points d'eau et accélèrent la diffusion de la bactérie.
Le retour des campagnes préventives
Pour la première fois depuis plus de trois ans, l'approvisionnement mondial en vaccins oraux contre le choléra a atteint un niveau permettant de reprendre les campagnes de prévention, et non plus seulement les ripostes d'urgence. Une première allocation de plusieurs millions de doses est en cours de déploiement, avec des opérations ciblées dans les zones les plus exposées, dont la région du Darfour où une campagne vise près de deux millions de personnes. Un changement de doctrine attendu de longue date par les autorités sanitaires.
L'eau et l'assainissement, remède de fond
Les spécialistes rappellent toutefois que le vaccin ne constitue qu'un élément de la réponse. Sans investissement durable dans l'accès à l'eau potable, l'assainissement et l'hygiène, les épidémies continueront de resurgir. La détection précoce, la formation des agents de santé communautaires et la prise en charge rapide des malades, dont la réhydratation permet d'éviter l'immense majorité des décès, restent les piliers d'une riposte efficace. Un enjeu de santé publique et d'équité pour les populations les plus vulnérables.