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Cameroun — Nord

Coton : la Sodecoton vise un record de 440 000 tonnes malgré les aléas

Marché africain animé, illustration de l'activité économique autour de la filière coton du Nord Cameroun

C'est un cap jamais atteint que vise la filière cotonnière camerounaise. Pour la campagne 2025-2026, la Société de développement du coton (Sodecoton) table sur une production nationale de 440 000 tonnes de coton-graine, soit environ 100 000 tonnes de plus que l'an dernier. Un objectif ambitieux pour le Grand Nord, où la culture de l'or blanc fait vivre des centaines de milliers de familles, mais que menacent les caprices du climat et la pression parasitaire.

Un objectif historique pour la filière

Présenté fin mars à Garoua par la direction de la production agricole de l'entreprise, ce cap de 440 000 tonnes constituerait un record historique pour le Cameroun. Il traduit la volonté de la Sodecoton de consolider sa place parmi les acteurs majeurs du coton en Afrique, alors que la société développe aussi ses exportations de semences vers plusieurs pays du continent. Pour les bassins de production du Nord et de l'Extrême-Nord, l'enjeu est considérable : le coton demeure la première culture de rente et un pilier de l'économie régionale.

Inondations et mouche du jasmin, les deux menaces

Le pari est pourtant loin d'être gagné. Entre 2023 et 2025, les superficies cultivées ont reculé d'environ 234 000 à 197 000 hectares. En 2024, près de 11 000 hectares ont été entièrement détruits par les inondations, tandis que les attaques de la mouche du jasmin ont partiellement affecté quelque 17 000 hectares. Conséquence : les rendements moyens sont passés d'environ 1 600 à 1 300 kilogrammes par hectare, soit une perte annuelle estimée à plus de 10 milliards de francs CFA pour l'ensemble de la filière.

Producteurs sous pression, intrants sous tension

Sur le terrain, les producteurs font également face au renchérissement des intrants et à des difficultés de financement, avec des arriérés de remboursement du crédit agricole proches de 2 milliards de francs CFA. Encadrement technique renforcé, semences améliorées et traitements phytosanitaires ciblés figurent parmi les leviers mobilisés pour tenir l'objectif. Dans les campagnes du Septentrion, où la saison des pluies s'installe, chacun espère que l'or blanc tiendra ses promesses.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV