Trois ans après la signature de la charte du Liptako-Gourma, la Confédération des États du Sahel (AES) a fait de la sécurité, de la souveraineté et de la refondation de l'État le socle de ses priorités pour 2026. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont mis en place un dispositif sécuritaire commun, présenté comme un signe fort de souveraineté. Mais sur le terrain, la coordination opérationnelle entre les trois armées demeure un chantier exigeant.
Un devoir d'assistance inscrit dans la charte
La charte fondatrice signée en septembre 2023 établit explicitement un devoir d'assistance et de secours mutuel entre les trois pays : toute atteinte à la souveraineté de l'un est considérée comme une agression contre les autres. Ce pacte de défense collective, pilier de l'alliance devenue Confédération en juillet 2024, structure désormais la doctrine sécuritaire commune, de la mutualisation du renseignement à la modernisation des moyens aériens et terrestres.
Les attaques d'avril au Mali, un test grandeur nature
La solidité du dispositif a été mise à l'épreuve au printemps, lorsque des offensives coordonnées de groupes armés ont visé des positions dans le nord et le centre du Mali. L'ampleur de ces attaques, attribuées notamment au JNIM et à des mouvements rebelles, a relancé le débat sur la rapidité de mobilisation des renforts entre États membres et sur les mécanismes concrets d'activation de l'assistance mutuelle. Des consultations ministérielles se sont depuis multipliées pour resserrer la coordination.
Au-delà du militaire, l'intégration se poursuit
Parallèlement au volet sécuritaire, la Confédération avance sur l'intégration politique et économique : passeport biométrique commun, projets d'infrastructures conjoints et réflexion sur une future monnaie commune. Pour les dirigeants de l'AES, la crédibilité de l'ensemble se jouera sur sa capacité à protéger les populations tout en bâtissant un espace économique intégré, hors du giron de la CEDEAO quittée en janvier 2025.