C'est une petite victoire monétaire que savoure l'Afrique de l'Ouest. Dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), l'inflation est retombée à un niveau très faible, permettant à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) d'assouplir sa politique monétaire. En mars, l'institut d'émission a abaissé son principal taux directeur de 3,25 % à 3 %, un geste destiné à soutenir le crédit et l'investissement dans les huit pays de l'Union.
Le pari de la détente monétaire
Après le cycle de resserrement engagé pour contrer la flambée des prix des années 2022-2023, la BCEAO change progressivement de cap. La quasi-disparition des tensions inflationnistes dans l'Union, favorisée par de bonnes campagnes agricoles et la stabilité du franc CFA arrimé à l'euro, ouvre la voie à un crédit moins cher pour les entreprises et les ménages. Les banques de la sous-région disposent ainsi de conditions de refinancement plus favorables pour accompagner l'activité.
Une croissance régionale qui reste soutenue
L'économie ouest-africaine devrait afficher une croissance de l'ordre de 4,3 % en 2026, un rythme parmi les plus dynamiques du continent, porté par les hydrocarbures, les mines, l'agro-industrie et les services. Au sein de l'UEMOA, plusieurs économies, dont le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Bénin, continuent de tirer l'ensemble vers le haut, malgré un environnement international incertain.
Des risques extérieurs sous surveillance
La prudence reste toutefois de mise. Les tensions géopolitiques mondiales, la volatilité des cours des matières premières et les retombées des conflits au Moyen-Orient pourraient renchérir les importations d'énergie et de denrées alimentaires, et raviver les pressions sur les prix. La BCEAO indique suivre de près ces développements, prête à ajuster sa politique si la trajectoire de l'inflation venait à s'écarter de sa cible.