C'est un chantier sanitaire hors norme qui s'ouvre chez le géant ouest-africain. Le Nigéria entame l'une des plus grandes campagnes de vaccination intégrée de son histoire, avec pour objectif de protéger environ 106 millions d'enfants contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite. Une opération d'une ampleur inédite, saluée par l'Organisation mondiale de la santé, dans un pays qui concentre une part importante des enfants non vaccinés du continent.
Trois maladies ciblées en une seule offensive
L'originalité de la campagne tient à son caractère intégré : plutôt que de multiplier les opérations distinctes, les autorités sanitaires nigérianes combinent l'administration du vaccin rougeole-rubéole et celle du vaccin antipoliomyélitique. Cette approche permet d'optimiser les coûts, de mobiliser une seule fois les équipes de terrain et de toucher davantage d'enfants, notamment dans les zones rurales et les quartiers urbains défavorisés où l'accès aux soins reste difficile.
Un défi logistique colossal
Atteindre 106 millions d'enfants suppose une mécanique de précision : chaîne du froid à maintenir sur des milliers de kilomètres, dizaines de milliers d'agents vaccinateurs à déployer, sensibilisation des communautés et implication des chefs traditionnels et religieux. Dans les États du nord du pays, confrontés à des défis sécuritaires, des stratégies spécifiques sont prévues pour atteindre les enfants des zones difficiles d'accès.
La vaccination de routine sous pression
Cette campagne intervient alors que les systèmes de vaccination de routine africains, malgré des progrès notables contre le cancer du col de l'utérus et le paludisme grâce aux nouveaux vaccins, subissent de fortes pressions financières. Pour les experts en santé publique, l'initiative nigériane rappelle qu'aucune éradication durable, qu'il s'agisse de la polio ou de la rougeole, n'est possible sans immunisation massive et régulière des nouvelles générations.