À la veille de la marche annoncée par l'opposition pour le 22 juillet à Kinshasa, la température politique monte en République démocratique du Congo. Entre propositions inédites d'encadrement de la manifestation, accusations croisées et polémique sur une éventuelle réforme constitutionnelle, pouvoir et opposants s'observent, sur fond de crise sécuritaire persistante dans l'est du pays.
Une manifestation sous haute surveillance
Le secrétaire général de l'UDPS, Augustin Kabuya, a proposé que la marche de l'opposition soit filmée par des drones, officiellement pour documenter son déroulement et prévenir les débordements. Une suggestion diversement accueillie dans les rangs des organisateurs, qui y voient plutôt un instrument de surveillance. Les autorités urbaines, de leur côté, rappellent les exigences d'itinéraire et de déclaration préalable, alors que les précédentes mobilisations de l'opposition ont souvent donné lieu à des restrictions.
Le débat constitutionnel en toile de fond
Autre foyer de tension : la question d'une révision de la Constitution, régulièrement agitée dans le débat public congolais. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a affirmé que la réforme constitutionnelle n'avait jamais été inscrite à l'ordre du jour du Conseil des ministres, appelant la classe politique à concentrer ses efforts sur l'unité nationale face au Rwanda, accusé de soutenir les groupes armés actifs dans l'est. L'opposition, elle, redoute une manœuvre visant à prolonger l'exercice du pouvoir au-delà des mandats actuels.
Un climat politique sous pression
Ces frictions interviennent dans un contexte déjà lourd : mise en œuvre laborieuse du cessez-le-feu dans l'est, campagnes de désinformation visant des membres du gouvernement et attentes sociales fortes. Le déroulement de la marche du 22 juillet sera scruté comme un test de la capacité des acteurs politiques congolais à faire vivre le débat démocratique sans violence, à mi-chemin entre deux cycles électoraux et alors que la situation sécuritaire demeure le premier sujet de préoccupation des Congolais.