Alors que la vaccination antipaludique s'étend sur le continent, plusieurs pays d'Afrique australe font face à une remontée préoccupante des cas de paludisme depuis le début de l'année 2026. En Namibie et au Mozambique notamment, les autorités sanitaires ont enregistré de fortes hausses, rappelant la fragilité des acquis dans la lutte contre une maladie qui reste l'une des plus meurtrières du continent.
Des hausses marquées en Namibie et au Mozambique
Les chiffres relayés par les autorités sanitaires interpellent. Sur les trois premiers mois de 2026, la Namibie a signalé environ deux fois et demie plus de cas que sur l'ensemble de l'année 2024, tandis qu'au Mozambique, le nombre de cas a plus que quadruplé sur la même période. Cette flambée, favorisée par des facteurs climatiques et par des difficultés de couverture des populations les plus exposées, illustre la capacité de la maladie à rebondir dès que la vigilance faiblit.
Des progrès réels mais fragiles
Ces reculs localisés ne doivent pas occulter les avancées enregistrées à l'échelle du continent. Depuis 2024, les vaccins antipaludiques ont été introduits dans les calendriers nationaux de plusieurs pays, et au moins une trentaine d'États africains prévoient de les intégrer à la vaccination infantile. Combinés aux moustiquaires imprégnées, aux traitements préventifs et à la lutte anti-vectorielle, ces vaccins ont contribué à sauver de nombreuses vies. Mais leur déploiement se heurte encore aux contraintes de financement et de logistique.
Maintenir l'effort face à une maladie tenace
Pour les spécialistes, la situation en Afrique australe agit comme un avertissement : les gains contre le paludisme peuvent être rapidement effacés si les moyens ne suivent pas. Résistance croissante des moustiques aux insecticides, aléas climatiques favorisant la prolifération des vecteurs et tensions sur les financements internationaux fragilisent la riposte. Le maintien d'une couverture élevée en outils de prévention, l'accès rapide au diagnostic et au traitement et la poursuite du déploiement vaccinal apparaissent comme les conditions indispensables pour éviter que la maladie ne regagne du terrain sur le continent.