Au Gabon, la détention prolongée d'Alain-Claude Bilié-By-Nze, ancien Premier ministre et président du parti d'opposition Ensemble pour le Gabon (EPG), continue d'alimenter les tensions politiques. Incarcéré depuis avril 2026 à la prison centrale de Libreville, l'opposant voit sa situation s'inviter jusque dans les relations entre Paris et Libreville, des voix appelant la France à évoquer son cas lors d'échanges avec le président Brice Oligui Nguema.
Une détention qui s'éternise sans procès sur le fond
Poursuivi dans une affaire d'abus de confiance liée à une dette d'environ cinq millions de francs CFA remontant à 2008, lorsqu'il participait à l'organisation d'un festival culturel national, Alain-Claude Bilié-By-Nze a vu sa demande de nullité de procédure rejetée par la Cour d'appel de Libreville. Son parti, Ensemble pour le Gabon, dénonce une procédure « au point mort » et craint que sa détention ne se prolonge durant toute la période des vacances judiciaires, sans qu'un débat sur le fond de l'affaire n'ait pu s'engager.
Des appels à la France pour évoquer le dossier
La situation de l'opposant a pris une dimension diplomatique après des appels lancés à la France pour qu'elle aborde la question lors d'échanges avec les autorités gabonaises. Ses soutiens dénoncent ce qu'ils qualifient de tentative de neutralisation d'un adversaire politique et pointent des conditions de détention jugées difficiles, ainsi qu'un accès à un avocat qui aurait tardé au moment de son arrestation, des éléments que sa défense présente comme une atteinte aux garanties fondamentales du procès équitable.
Un climat politique sous surveillance
Ce dossier s'inscrit dans un contexte politique gabonais toujours scruté depuis la transition engagée après le changement à la tête de l'État. Pour une partie de la société civile et de la classe politique, le sort réservé à Bilié-By-Nze est perçu comme un test de la volonté d'ouverture démocratique affichée par les nouvelles autorités. Ses avocats continuent de réclamer sa remise en liberté provisoire, en attendant qu'une date soit fixée pour l'examen du fond de l'affaire.