En République démocratique du Congo, l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo a franchi un seuil symbolique et dramatique : plus de 1 000 décès ont désormais été enregistrés depuis le déclenchement de la flambée à la mi-mai dans l'est du pays. Dix-septième épidémie d'Ebola que connaît la RDC depuis 1976, elle se distingue par une vitesse de propagation inédite, devenant la plus rapide jamais recensée dans le pays.
Un bilan qui s'alourdit de semaine en semaine
Selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires congolaises, plus de 2 500 cas confirmés et plus de 1 000 décès ont été recensés dans cinq provinces de l'est du pays : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Ce bilan fait de cette flambée la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée en RDC, et l'une des plus meurtrières de l'histoire de la maladie sur le continent.
Une souche rare, sans vaccin ni traitement homologués
Contrairement aux précédentes épidémies causées par la souche Zaïre, contre laquelle des vaccins et traitements existent désormais, cette flambée est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche plus rare pour laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique validé. Cette absence d'outils thérapeutiques éprouvés complique considérablement la riposte médicale et oblige les équipes sur le terrain à s'appuyer principalement sur l'isolement des malades, la recherche des contacts et les soins de soutien.
L'insécurité, principal obstacle à la riposte
Au-delà du défi médical, la riposte se heurte à une insécurité endémique dans les zones touchées : l'Ituri, notamment, est le théâtre d'affrontements impliquant des dizaines de groupes armés, ce qui complique considérablement l'accès des équipes soignantes aux malades et le suivi des personnes contacts. Les organisations sanitaires internationales appellent à un renforcement urgent des moyens humains, logistiques et financiers pour tenter d'enrayer une épidémie dont la progression continue d'inquiéter, bien au-delà des frontières congolaises.