Dans l'espace de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) se retrouve confrontée à un dilemme monétaire de plus en plus prégnant : soutenir une croissance régionale qui demeure dynamique tout en maîtrisant une inflation qui peine à revenir durablement vers sa cible.
Une croissance régionale toujours dynamique
Après une croissance de 6,7 % enregistrée en 2025, portée par le dynamisme des services, l'amélioration de la production agricole et la vigueur des industries extractives, la BCEAO table sur une trajectoire plus mesurée pour 2026, tout en restant l'une des zones les plus dynamiques du continent. Cette performance s'appuie notamment sur la bonne tenue des filières agricoles et minières dans plusieurs pays membres de l'Union.
Des pressions inflationnistes qui s'accentuent
Si l'institution vise un retour de l'inflation vers sa cible de 2 %, la situation s'est tendue au cours du premier semestre 2026 : les niveaux de prix demeurent au-dessus de cet objectif, sous l'effet conjugué des tensions géopolitiques mondiales et de la volatilité des cours de certaines matières premières importées. La Banque centrale a déjà abaissé à plusieurs reprises son taux directeur, de 3,50 % à 3 % entre 2025 et le premier trimestre 2026, pour soutenir le crédit à l'économie sans pour autant relâcher sa vigilance sur les prix.
La stabilité du franc CFA sous surveillance
Autre source de préoccupation pour les autorités monétaires : les pressions croissantes qui pèsent sur le franc CFA, dans un contexte international marqué par la volatilité des devises et le resserrement des conditions financières mondiales. La BCEAO assure vouloir préserver la parité de sa monnaie tout en accompagnant la reprise économique, un exercice d'équilibriste que les prochaines décisions de politique monétaire devront confirmer.