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Sahel — AES

AES : la Confédération du Sahel à l'épreuve de sa solidarité militaire

Forces de securite en patrouille au Sahel, illustration du dispositif militaire de la Confederation AES

C'est le point sensible de l'Alliance des États du Sahel : la solidarité militaire promise entre Bamako, Ouagadougou et Niamey. Après les attaques d'ampleur menées contre plusieurs positions des forces armées maliennes, l'absence de renforts venus des deux autres capitales confédérales alimente les interrogations sur la portée réelle du pacte de défense mutuelle.

Une clause de défense mutuelle mise à l'épreuve

La charte fondatrice de l'Alliance, signée en 2023, prévoit qu'une agression contre l'un des trois États est considérée comme une agression contre l'ensemble. C'est ce principe qui a donné à l'AES sa cohérence initiale, avant que la structure ne se transforme en confédération dotée d'institutions propres.

Or, lors des offensives conduites contre des positions maliennes, ni le Burkina Faso ni le Niger n'ont dépêché de troupes en appui de Bamako. Les deux pays font face, sur leur propre territoire, à une pression armée qui mobilise l'essentiel de leurs capacités : une réalité opérationnelle qui limite mécaniquement leur marge de manœuvre.

Des moyens contraints, des ambitions maintenues

La Confédération a engagé la mise sur pied d'une force unifiée, présentée comme l'ossature de son architecture sécuritaire commune. Sur le papier, elle doit permettre des opérations conjointes, un partage du renseignement et une couverture aérienne mutualisée, dont plusieurs frappes coordonnées ont déjà été revendiquées au cours de l'année.

Dans les faits, la montée en puissance se heurte à la question des moyens : équipements, transport tactique, logistique et financement pérenne. Le prélèvement confédéral instauré sur les importations doit y contribuer, mais son rendement reste inférieur aux besoins d'une force appelée à couvrir un espace de plusieurs millions de kilomètres carrés.

Un projet confédéral qui déborde le champ sécuritaire

Consciente de cette fragilité, la Confédération a élargi son champ d'action : passeport biométrique commun, banque confédérale d'investissement et de développement, harmonisation des fonctions publiques, projets énergétiques et numériques partagés. Autant de chantiers destinés à ancrer l'Alliance dans le quotidien des populations, au-delà du seul volet militaire.

Les autorités des trois pays soutiennent que la Confédération a opéré sa mue, passant d'une alliance défensive à une architecture étatique multidimensionnelle. Pour ses partenaires comme pour ses détracteurs, la capacité à porter secours à un membre attaqué restera cependant le test le plus visible de sa solidité.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV