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Politique

Cameroun : le débat sur la vice-présidence s'invite dans la précampagne

Palais officiel illustrant le debat institutionnel sur la vice-presidence au Cameroun

C'est un serpent de mer institutionnel qui refait surface. À mesure que s'approchent les prochaines échéances électorales, la question de l'instauration d'une vice-présidence de la République anime plateaux de télévision et tribunes à Yaoundé, révélant les inquiétudes autour de la continuité de l'État.

Une hypothèse constitutionnelle qui divise

La Constitution camerounaise ne prévoit pas de poste de vice-président : en cas de vacance, l'intérim revient au président du Sénat, chargé d'organiser une élection dans un délai encadré. Plusieurs voix estiment que ce mécanisme, conçu pour des transitions exceptionnelles, mérite d'être repensé au profit d'un dispositif plus lisible.

Ce week-end encore, plusieurs figures politiques ont exposé des positions tranchées. L'économiste et essayiste Dieudonné Essomba a défendu l'idée qu'une vice-présidence aurait offert davantage de souplesse au chef de l'État dans la gestion de son agenda, tandis que d'autres intervenants y voient au contraire un facteur de rivalités au sommet.

Entre continuité de l'État et calculs d'appareils

Pour les partisans d'une réforme, l'enjeu dépasse les personnes : il s'agit d'assurer une continuité institutionnelle sans heurts dans un pays qui n'a connu que deux présidents depuis l'indépendance. Un vice-président élu ou désigné offrirait, selon eux, une ligne de succession claire et réduirait les incertitudes qui alimentent les spéculations.

Les sceptiques rappellent cependant que les exemples régionaux sont contrastés et que la création d'un tel poste peut déplacer les luttes d'influence au cœur même de l'exécutif. D'autres responsables, à l'image de l'ancien candidat Dieunedort Kamdem, disent surtout redouter le profil de celui qui viendrait à occuper la fonction suprême, quel que soit le mécanisme retenu.

Un débat appelé à durer

En l'absence de projet de révision constitutionnelle officiellement annoncé, le débat demeure pour l'heure théorique. Il n'en traduit pas moins une préoccupation largement partagée dans l'opinion : préparer sereinement les transitions politiques à venir.

Dans le Septentrion comme ailleurs, les électeurs suivront avec attention la manière dont les états-majors politiques se saisiront de cette question dans les mois qui viennent, entre exigence de stabilité et aspiration au renouvellement.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV