La Banque des États de l'Afrique centrale a revu à la hausse ses anticipations pour la zone CEMAC. L'institution table désormais sur une croissance de 3,2 % en 2026, contre 2,9 % envisagés lors du comité de politique monétaire d'avril, et sur 4,72 mois de réserves de change.
Un PIB régional attendu à 81 540 milliards de FCFA
Selon les projections de la banque centrale, le produit intérieur brut de la sous-région devrait atteindre 81 540 milliards de FCFA, contre 79 342 milliards en 2025. Cette progression traduit la résilience des économies pétrolières de la zone et une reprise modérée des secteurs hors hydrocarbures.
Le niveau des réserves de change, indicateur scruté de près par les partenaires financiers, reste le principal marqueur de la santé monétaire de la zone. La barre des 4,72 mois d'importations couvertes constitue une amélioration, même si elle demeure en deçà des niveaux de confort recherchés par la banque centrale.
Un continent en légère décélération
À l'échelle continentale, la Banque africaine de développement anticipe une croissance de 4,2 % en 2026, après 4,4 % en 2025, avant un rebond attendu à 4,4 % en 2027. L'Afrique centrale y apparaît en légère amélioration, portée par des prix des hydrocarbures encore soutenus.
Cette configuration place la CEMAC dans une position intermédiaire : moins dynamique que l'Afrique de l'Est, mais moins exposée que certaines économies fortement endettées en devises.
Vers un mécanisme régional d'alerte précoce
La Commission de la CEMAC a annoncé fin juin la mise en place progressive d'un mécanisme régional d'alerte précoce sur la conjoncture économique. L'objectif est de détecter plus tôt les retournements de cycle et d'harmoniser les réponses budgétaires des six États membres.
Reste la question centrale de la diversification. Tant que les recettes publiques dépendront majoritairement du pétrole, les prévisions de croissance resteront otages des cours mondiaux, avec les effets connus sur les budgets sociaux et l'investissement public.