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Afrique centrale

RDC : à une semaine de l'ultimatum, le dialogue national toujours sans ordonnance présidentielle

Batiment institutionnel africain, illustration du bras de fer politique autour du dialogue national en Republique democratique du Congo

À une semaine de l'échéance qu'elle a elle-même fixée, la Coalition pour la défense de l'ordre constitutionnel attend toujours l'ordonnance présidentielle censée convoquer formellement le dialogue national annoncé mi-juillet à Kinshasa. En arrière-plan, la validation du texte organisant un référendum sur la révision de la Constitution tend un peu plus le climat politique congolais.

Une annonce sans acte juridique

Le principe d'un dialogue national « inclusif et républicain » a été rendu public le 17 juillet, à l'issue d'une rencontre entre le chef de l'État et des responsables des confessions religieuses. L'annonce avait été accueillie comme une ouverture après plusieurs mois de crispation politique et sécuritaire.

Trois semaines plus tard, aucune ordonnance n'a formalisé la convocation. Ni le format, ni la liste des participants, ni l'ordre du jour, ni le calendrier n'ont été arrêtés. Cette absence de cadre nourrit deux lectures opposées : une préparation méticuleuse pour les uns, une manœuvre dilatoire pour les autres.

La coalition d'opposition, qui avait déjà reporté une marche prévue en juillet, a fixé au 15 août la limite au-delà de laquelle elle reprendra ses actions de rue. Elle observe pour l'instant un silence prudent, tout en maintenant la pression sur le calendrier.

Le référendum, cœur du désaccord

Le second dossier alimente directement le premier. La majorité présidentielle soutient une proposition de loi organisant un référendum sur la révision constitutionnelle. Le texte a été déclaré conforme à la Constitution par la juridiction compétente, ce qui lève le principal obstacle juridique à sa mise en œuvre.

L'opposition y voit un chemin vers la levée de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le pouvoir défend au contraire la nécessité d'adapter une loi fondamentale qu'il juge inapplicable sur plusieurs points, notamment en matière de décentralisation et d'organisation territoriale.

Ce débat n'est pas propre à la République démocratique du Congo. Plusieurs pays d'Afrique centrale ont connu ces dernières années des révisions constitutionnelles contestées, avec un schéma récurrent : une justification technique en façade, une bataille sur la durée du pouvoir en arrière-plan.

Un pays qui négocie sur plusieurs fronts

Cette séquence politique se déroule alors que l'est du pays reste sous tension. Les rapports d'experts onusiens continuent de documenter des soutiens extérieurs aux groupes armés actifs dans les Kivus, tandis que les processus de médiation régionale avancent par étapes.

S'y ajoute une urgence sanitaire majeure : l'épidémie qui frappe plusieurs provinces de l'Est mobilise l'appareil d'État et les partenaires internationaux, dans des zones précisément affectées par l'insécurité. La conjonction des deux crises limite la marge de manœuvre du gouvernement.

Pour les partenaires de la région, la stabilité congolaise n'est pas une question interne. Le pays partage des frontières avec neuf États et occupe une position centrale dans les équilibres de l'Afrique centrale. Une crise politique prolongée à Kinshasa se répercuterait rapidement au-delà de ses frontières.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV