Un arrêté conjoint des ministres de l'Éducation de base et des Enseignements secondaires, rendu public le 14 août, fixe le calendrier de l'année scolaire 2026-2027. La reprise sera progressive : personnels administratifs le 31 août, enseignants le 2 septembre, élèves le lundi 7 septembre à 7 h 30 sur l'ensemble du territoire.
Un calendrier en trois trimestres
Le texte découpe l'année en trois trimestres séparés par deux périodes d'interruption des cours, selon un schéma désormais stabilisé. La fin de l'année scolaire est fixée au 30 juillet 2027.
L'échelonnement de la reprise — administration, puis enseignants, puis élèves — vise à laisser une semaine de préparation aux établissements : constitution des classes, affectation des enseignants, vérification des locaux et des effectifs.
Dans les faits, la mise en œuvre de ce calendrier varie selon les régions et les établissements. Les zones affectées par l'insécurité ou par les intempéries connaissent régulièrement des démarrages décalés.
La question des effectifs et des enseignants
La publication du calendrier ne règle pas la difficulté structurelle du système : le rapport entre le nombre d'élèves et celui des enseignants qualifiés, particulièrement dégradé dans les régions septentrionales et dans les zones rurales.
Le recours aux maîtres des parents, rémunérés par les communautés elles-mêmes, reste une réalité largement répandue. Cette pratique assure la continuité des cours mais fragilise la qualité de l'enseignement et la situation des intéressés.
L'autre variable est celle du coût de la rentrée pour les familles. Fournitures, tenues et frais annexes pèsent lourdement sur les budgets des ménages, dans un contexte de hausse des prix qui n'a pas été absorbée.
Une rentrée dans un contexte particulier
Cette année scolaire s'ouvre alors que le pays traverse une période d'incertitude institutionnelle, avec une administration fonctionnant sans remaniement depuis plusieurs mois. Les arbitrages budgétaires liés à l'éducation en dépendent partiellement.
Dans l'Extrême-Nord, la scolarisation reste par ailleurs directement affectée par l'insécurité : écoles fermées, enseignants réticents à rejoindre certaines affectations, familles déplacées dont les enfants perdent le fil de leur scolarité.
Le taux de rétention en fin de cycle primaire, plus que le taux d'inscription à la rentrée, demeure l'indicateur le plus révélateur. C'est en cours d'année que se jouent les abandons, souvent liés aux travaux agricoles et aux mariages précoces.