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AES / Sahel

CEDEAO–AES : les négociations resteront collectives, le mandat du médiateur prolongé

Palais présidentiel ouest-africain, illustration générique des institutions de l'État

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest a prolongé jusqu'en décembre 2026 le mandat de son négociateur en chef, Lansana Kouyaté, et réaffirmé un principe : les discussions avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger se tiendront de manière collective. Les trois pays, de leur côté, ont harmonisé leurs positions en amont.

Un cadre de discussion qui reste à définir

Depuis le retrait effectif des trois États de l'organisation, la relation entre les deux ensembles fonctionne sans base juridique stabilisée. Plusieurs domaines — libre circulation, reconnaissance des documents, échanges commerciaux — continuent pourtant de s'appliquer de fait.

La prolongation du mandat du négociateur traduit la volonté de la CEDEAO de maintenir un canal ouvert plutôt que d'acter une rupture définitive. Elle reconnaît aussi que le dossier ne sera pas réglé dans les délais initialement envisagés.

Le choix de négocier avec les trois pays ensemble, et non séparément, est significatif. Il empêche toute stratégie de différenciation entre les capitales sahéliennes et donne symétriquement à l'AES le statut d'interlocuteur unique.

Ce que chaque partie a à perdre

Pour les trois États sahéliens, enclavés, l'accès aux ports du golfe de Guinée et la fluidité des corridors routiers constituent une dépendance structurelle. Aucune configuration diplomatique ne modifie cette géographie.

Pour la CEDEAO, la perte de trois membres représente une amputation territoriale et démographique considérable, et affaiblit sa prétention à parler au nom de l'Afrique de l'Ouest dans les enceintes internationales.

Les populations, elles, subissent les effets pratiques de l'incertitude : validité des documents de voyage, statut des ressortissants installés de part et d'autre, régime douanier applicable aux marchandises.

Les points qui bloqueront

Le premier concerne la libre circulation des personnes, que les deux ensembles disent vouloir préserver mais que les dispositifs sécuritaires nationaux restreignent de fait sur plusieurs frontières.

Le second porte sur les institutions communes et leurs actifs : banques de développement, organismes techniques, personnels détachés. Le partage de ces héritages est juridiquement complexe et politiquement sensible.

Le troisième, le plus délicat, touche à la reconnaissance mutuelle. Toute avancée suppose que la CEDEAO renonce à conditionner la discussion à des calendriers de transition, sujet sur lequel les positions sont restées éloignées.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV