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Santé

Paludisme : vingt-cinq pays africains vaccinent, mais le financement vacille

Bâtiment d'un centre de santé primaire, illustration générique du secteur sanitaire

Vingt-cinq pays africains déploient désormais des vaccins antipaludiques, avec l'objectif de protéger environ dix millions d'enfants par an. Les premiers résultats documentés font état d'une baisse d'environ 13 % de la mortalité chez les enfants en âge d'être vaccinés et d'un recul marqué des hospitalisations pour paludisme sévère. Ce déploiement, l'un des plus rapides jamais engagés sur le continent, se heurte toutefois à une contraction des financements internationaux qui menace son maintien à l'échelle actuelle.

Un déploiement rapide et documenté

Les vaccins RTS,S et R21, recommandés par l'Organisation mondiale de la santé pour les enfants vivant dans les zones de transmission modérée à forte, ont été intégrés aux programmes élargis de vaccination d'un nombre croissant de pays. Plus de quarante millions de doses avaient été livrées à vingt-quatre pays africains à la fin de l'année 2025.

L'impact sanitaire mesuré dans les zones d'introduction est significatif : recul d'environ 13 % de la mortalité toutes causes confondues chez les enfants éligibles et forte diminution des admissions hospitalières pour formes sévères. Ces vaccins s'ajoutent, sans les remplacer, aux moustiquaires imprégnées, aux traitements préventifs saisonniers et à la prise en charge précoce des cas.

Le Cameroun a été l'un des premiers pays à introduire la vaccination antipaludique dans son programme de routine, une expérience suivie de près par les pays voisins d'Afrique centrale et sahélienne.

Le nœud du financement

L'Alliance du vaccin estime que les déficits de financement actuels contraindront les pays à des arbitrages difficiles, avec pour conséquence un nombre de vies sauvées inférieur de plusieurs centaines de milliers d'ici la fin de la décennie par rapport aux projections initiales.

Ces tensions s'inscrivent dans un mouvement plus large de réduction de l'aide internationale à la santé, déjà perceptible sur les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et la nutrition. Les ministères de la santé sont poussés à mobiliser davantage de ressources domestiques, dans des budgets déjà contraints.

Le coût par dose, la logistique de la chaîne du froid et la formation des agents de santé constituent les principaux postes de dépense. Une réduction des appuis extérieurs se traduit rapidement par des ruptures d'approvisionnement dans les districts les plus éloignés.

Des menaces biologiques nouvelles

Au-delà du financement, la lutte contre le paludisme doit composer avec des évolutions préoccupantes : résistance croissante des moustiques aux insecticides, apparition de parasites échappant à certains tests de diagnostic rapide et progression d'espèces vectrices adaptées aux milieux urbains.

Ces facteurs plaident pour une combinaison d'outils plutôt que pour la substitution d'une méthode à une autre. Les autorités sanitaires insistent sur le maintien simultané de la vaccination, de la protection mécanique et de la chimioprévention saisonnière chez les jeunes enfants.

La campagne mondiale 2026 de l'OMS met l'accent sur la nécessité de transformer les outils disponibles en résultats concrets. Sa portée dépendra directement des ressources que les États et leurs partenaires accepteront d'y consacrer dans les prochains exercices budgétaires.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV