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Septentrion

Maroua et l'eau : quinze ans après la promesse des 3 000 forages

Femmes rassemblées autour d'un forage pour puiser de l'eau, illustration générique

À Maroua, capitale régionale de l'Extrême-Nord, la question de l'eau potable reste l'une des plus constantes des doléances citoyennes. En 2011, un programme de 3 000 forages avait été annoncé pour les régions septentrionales du pays. Quinze ans plus tard, les habitants de plusieurs quartiers continuent de dépendre de puits traditionnels, de bornes-fontaines irrégulièrement alimentées et de revendeurs privés, à un moment où la saison des pluies masque temporairement l'ampleur du déficit.

Une promesse restée largement sans traduction

L'annonce d'un vaste programme de forages destiné au Nord, à l'Extrême-Nord et à l'Adamaoua remonte à 2011. Elle répondait à un constat simple : dans ces régions, la faiblesse du réseau d'adduction et l'irrégularité de la pluviométrie exposent les populations à des ruptures récurrentes.

Quinze ans après, plusieurs enquêtes de presse camerounaises relèvent que le programme n'a pas produit les effets escomptés à Maroua. Le nombre d'ouvrages effectivement réalisés, entretenus et raccordés reste difficile à établir : aucun bilan public consolidé n'a été diffusé, ce qui complique toute évaluation indépendante.

La rédaction n'a pas pu obtenir de données officielles actualisées sur l'état d'exécution du programme dans la région. Les éléments présentés ici s'appuient sur les constats rapportés par la presse locale et sur les témoignages relayés par les associations d'usagers.

Le quotidien des ménages

Dans les quartiers périphériques, la corvée d'eau demeure une charge qui pèse d'abord sur les femmes et les enfants. Les distances parcourues, l'attente aux points de puisage et le coût de l'eau vendue au bidon grèvent des budgets déjà tendus.

Le recours à des sources non traitées expose par ailleurs à des risques sanitaires connus. La région a été confrontée à plusieurs épisodes de choléra ces dernières années, et les autorités sanitaires rappellent régulièrement le lien entre qualité de l'eau, assainissement et flambées épidémiques.

La saison des pluies, en cours, améliore temporairement la disponibilité de la ressource mais ne règle rien sur le fond : sans stockage ni traitement, l'eau de surface reste impropre à la consommation et la période de soudure hydrique de mars à mai revient chaque année.

Ce qui est attendu

Les organisations d'usagers réclament d'abord un état des lieux public : nombre de forages réalisés, localisation, état de fonctionnement et responsabilités d'entretien. Sans ce socle, les nouveaux financements risquent de reproduire les blocages passés.

La question de la maintenance revient systématiquement. Un forage sans pièces détachées disponibles, sans comité de gestion formé et sans ligne budgétaire dédiée cesse de fonctionner en quelques saisons, ce qui explique une part des ouvrages abandonnés.

À l'échelle régionale, les collectivités mettent en avant la nécessité de projets structurants d'adduction plutôt que la multiplication d'ouvrages isolés. Plusieurs conseils régionaux du Septentrion ont inscrit l'accès à l'eau parmi leurs priorités d'investissement pour les prochains exercices.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV