Les autorités maliennes ont approuvé, le 22 août 2026, le renouvellement de dix permis miniers portant sur l'or et le lithium. Ces décisions interviennent dans un secteur profondément réorganisé depuis l'adoption d'un nouveau code minier destiné à accroître la part revenant à l'État, à un moment où les recettes extractives constituent l'une des principales ressources budgétaires du pays.
L'or, colonne vertébrale des recettes maliennes
Le Mali figure parmi les premiers producteurs d'or du continent. Le métal représente la part dominante de ses exportations et une source déterminante de recettes fiscales, dans un contexte où l'accès aux financements extérieurs s'est restreint.
Le renouvellement de permis constitue un acte administratif de routine, mais il prend une signification particulière depuis la révision du cadre légal, qui a rebattu les termes de la relation entre l'État et les opérateurs internationaux.
Les autorités mettent en avant l'objectif d'une captation accrue de la valeur, à travers une participation publique renforcée et un durcissement des obligations de contenu local.
Le lithium, nouvelle frontière
Le lithium a fait son entrée récente dans le portefeuille minier malien, porté par la demande mondiale liée aux batteries. Plusieurs gisements ont été identifiés dans le sud du pays et des projets sont entrés en phase de production.
Cette diversification est présentée comme un levier stratégique : elle réduit la dépendance à un seul métal et positionne le pays sur une chaîne de valeur en croissance. Elle expose toutefois aux cycles de prix, particulièrement volatils sur ce marché.
Les enjeux environnementaux et sociaux — consommation d'eau, réhabilitation des sites, indemnisation des communautés — figurent parmi les points de vigilance soulevés par les organisations locales.
Un secteur sous contrainte sécuritaire
L'exploitation minière se heurte aux difficultés d'acheminement et de sécurisation dans plusieurs régions. Les coûts logistiques et les primes de risque pèsent sur la rentabilité des projets et sur les décisions d'investissement.
L'orpaillage artisanal, très répandu, pose par ailleurs des questions de sécurité des travailleurs, d'usage du mercure et de contrôle des circuits de commercialisation.
Les trois pays de la Confédération des États du Sahel ont affiché leur volonté de mutualiser leurs politiques minières et énergétiques. La traduction opérationnelle de cette ambition reste, à ce jour, largement à construire.