L'épidémie de choléra concerne désormais seize pays africains. Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies annoncent vouloir transposer à cette crise la méthode employée contre le mpox, en particulier la coordination avec les partenaires internationaux. En République démocratique du Congo, la circulation du choléra se poursuit alors que l'attention et les moyens sont largement mobilisés par la riposte à Ebola.
Une épidémie qui s'étend
Le nombre de pays touchés a nettement augmenté au fil de l'année, passant de quelques foyers concentrés à une situation qui concerne aujourd'hui seize États du continent. Cette extension géographique complique la répartition des stocks de vaccins oraux, dont la production mondiale reste limitée.
Le choléra se propage par l'eau et les aliments contaminés. Sa progression suit donc étroitement les défaillances d'accès à l'eau potable et à l'assainissement, ainsi que les déplacements de population liés aux conflits et aux inondations.
La saison des pluies, en cours dans une large partie de l'Afrique de l'Ouest et centrale, constitue un facteur aggravant supplémentaire dans les zones où les points d'eau sont exposés au ruissellement.
Ce que le CDC Afrique retient du mpox
L'agence continentale indique vouloir appliquer au choléra les enseignements tirés de la riposte au mpox, notamment l'organisation d'une coordination resserrée entre États membres, agences onusiennes et partenaires techniques et financiers.
Ce modèle repose sur un plan continental unique, un mécanisme conjoint avec l'Organisation mondiale de la santé et un suivi régulier des indicateurs, plutôt que sur des ripostes nationales conduites en ordre dispersé.
Son efficacité dépendra du financement mobilisé. Les plans continentaux annoncés cette année pour d'autres urgences sanitaires ont régulièrement souffert d'écarts entre les montants annoncés et les fonds effectivement décaissés.
La RDC, cas le plus lourd
En République démocratique du Congo, des données de surveillance nationale relayées par l'OMS font état de 39 483 cas suspects et 1 173 décès entre la première et la trente-deuxième semaine de 2026.
Des organisations humanitaires ont alerté sur le risque de voir la mobilisation autour d'Ebola reléguer au second plan d'autres urgences, dont le choléra, la rougeole et le paludisme, en particulier dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
La prise en charge du choléra reste peu coûteuse lorsqu'elle est précoce : réhydratation orale dans les cas simples, perfusions et antibiotiques dans les formes sévères. La difficulté tient à l'accès aux structures de soins plus qu'au traitement lui-même.