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Septentrion

Choléra dans l'Extrême-Nord : le bilan grimpe à 28 morts, quatre districts sous tension

Bâtiment d'un hôpital, illustration générique

Signalée pour la première fois fin juin 2026 dans les districts sanitaires de Fotokol, Mada, Makary et Kolofata, l'épidémie de choléra qui touche l'Extrême-Nord continue de s'alourdir. Selon un bilan provisoire communiqué à la mi-août, elle approche désormais les 1 000 cas déclarés et compte 28 décès, contre 25 morts et 754 cas recensés fin juillet.

Une épidémie déclarée fin juin, un bilan qui s'alourdit

Les premiers cas de diarrhée aqueuse aiguë compatibles avec une suspicion de choléra sont apparus le 23 juin 2026 dans les districts sanitaires de Fotokol, Mada, Makary et Kolofata. Des analyses de laboratoire ont ensuite confirmé la présence du Vibrio cholerae O1, sérotype Ogawa, dans plusieurs prélèvements.

En un mois, le nombre de cas recensés est passé de quelques dizaines à plusieurs centaines. Fin juillet, les autorités sanitaires faisaient état de 754 cas et 25 décès répartis dans neuf districts sanitaires de la région. Le bilan communiqué à la mi-août fait désormais état d'environ 1 000 cas et de 28 morts, ce qui traduit un ralentissement relatif de la progression par rapport aux semaines précédentes, sans que l'épidémie soit maîtrisée.

Ces chiffres restent provisoires et susceptibles d'être révisés, la remontée des données depuis les aires de santé les plus reculées de l'Extrême-Nord prenant parfois plusieurs jours.

Sept aires de santé en première ligne

Les aires de santé les plus touchées sont celles d'Amchidé, Fotokol, Sagmé, Bargaram, Hilé-Alifa, Biamo et Makary, selon les données communiquées par les services sanitaires régionaux. Le district de Mada enregistre à lui seul le plus grand nombre de cas cumulés depuis le début de l'épidémie.

C'est toutefois le district de Fotokol qui affiche les taux d'attaque et de létalité les plus élevés, ce qui en fait la zone la plus surveillée par les équipes de riposte. Sa position frontalière, marquée par des mouvements de population réguliers, complique le suivi épidémiologique.

L'accès à l'eau potable reste identifié comme le principal facteur de propagation dans cette partie de l'Extrême-Nord, où une large part de la population dépend de points d'eau de surface non protégés, en particulier durant la saison des pluies.

Une riposte qui cherche encore son rythme

Les autorités sanitaires ont mis en place des centres de traitement du choléra dans les districts les plus affectés et intensifié la chloration des points d'eau ainsi que les campagnes de sensibilisation à l'hygiène. Une campagne de vaccination ciblée avait déjà été lancée à Kousséri en août pour tenter de contenir la propagation dans les zones voisines.

Les équipes sur le terrain font toutefois état de moyens logistiques limités, notamment pour le transport des intrants médicaux vers les localités les plus enclavées, où les routes deviennent difficilement praticables une bonne partie de l'année.

Aucun calendrier officiel de fin de la riposte n'a été communiqué à ce stade. Les autorités régionales invitent les populations des zones concernées à poursuivre les gestes de prévention de base, en particulier la potabilisation de l'eau de boisson.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV