L'épidémie ne recule pas à l'approche de la rentrée scolaire. L'Unicef a alerté fin août 2026 sur la propagation rapide du choléra en Afrique de l'Ouest et du Centre, où des flambées touchent désormais six pays et exposent des millions d'enfants à un risque croissant. Le Nigeria et la République démocratique du Congo concentrent, à eux seuls, l'essentiel des cas et des décès recensés depuis le début de l'année.
Deux foyers principaux, des bilans lourds
Le Nigeria connaît la plus importante flambée de la sous-région, avec plus de 50 000 cas cumulés et 338 décès signalés depuis le 1er janvier 2026, selon les données relayées par l'Unicef et les Nations unies.
La République démocratique du Congo affiche le bilan le plus lourd en nombre de décès parmi les pays touchés, avec plus de 30 400 cas et près de 700 morts recensés sur la même période, dans un pays déjà confronté simultanément à une épidémie de mpox et à la résurgence d'Ebola en Ituri.
Quatre autres pays de la sous-région complètent la liste des foyers actifs identifiés par les agences sanitaires, sans que l'ampleur y atteigne celle observée au Nigeria ou en RDC.
Des facteurs d'aggravation qui se cumulent
Les pluies saisonnières et les inondations qui touchent une partie de la région facilitent la contamination des points d'eau, tandis que les déplacements de population liés à l'insécurité ou aux catastrophes naturelles favorisent la transmission transfrontalière de la bactérie responsable de la maladie.
Cette conjonction de facteurs météorologiques et sécuritaires complique la tâche des équipes sanitaires, qui doivent intervenir simultanément sur plusieurs foyers dispersés dans une région aux infrastructures de santé souvent fragiles.
Le choléra, maladie pourtant évitable par l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, continue ainsi de progresser dans des zones où ces infrastructures de base restent insuffisantes ou endommagées.
Une stratégie de riposte inspirée du mpox
Face à une épidémie qui s'étend désormais à seize pays africains au total, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ont annoncé vouloir transposer à la lutte contre le choléra la méthode de coordination continentale déployée avec un certain succès contre le mpox.
Cette approche mise sur une mutualisation renforcée du renseignement épidémiologique entre pays voisins et sur un déploiement plus rapide des équipes d'intervention, plutôt que sur des réponses cloisonnées à l'échelle de chaque État.
L'Unicef insiste de son côté sur le risque spécifique couru par les enfants, plus vulnérables à la déshydratation rapide provoquée par la maladie, et appelle à un renforcement du financement des campagnes de vaccination orale et d'accès à l'eau potable dans les zones les plus exposées.