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Santé

Sida, tuberculose, paludisme : le Fonds mondial cherche 18 milliards de dollars pour 2026-2028

Personnel soignant accompagnant un patient dans une clinique, illustration générique

C'est l'un des dossiers les plus lourds de la santé mondiale pour les mois à venir. La huitième reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme vise 18 milliards de dollars pour la période de financement 2026-2028. Une cible d'autant plus scrutée que l'institution assure aujourd'hui plus de la moitié — 56 % — du financement mondial des programmes de prévention, de contrôle et d'élimination du paludisme dans 94 pays.

Ce que recouvre l'objectif de 18 milliards

Le Fonds mondial fonctionne par cycles triennaux : les États donateurs, les fondations privées et le secteur privé annoncent des engagements, qui déterminent ensuite le volume des subventions allouées aux pays bénéficiaires pour trois ans.

L'institution avance qu'atteindre la cible permettrait de sauver 23 millions de vies sur la période 2027-2029 et de réduire de 64 % la mortalité combinée des trois maladies par rapport à 2023, tout en renforçant les systèmes de santé et la préparation aux épidémies.

Ces projections reposent sur des modèles épidémiologiques et supposent que les financements annoncés soient effectivement décaissés — une distinction que les acteurs de terrain rappellent régulièrement.

Une dépendance structurelle pour les pays africains

Pour de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, les subventions du Fonds mondial couvrent une part déterminante des achats de médicaments antipaludiques, de moustiquaires imprégnées, de tests de diagnostic rapide et d'antirétroviraux.

Cette dépendance rend les programmes nationaux directement sensibles aux arbitrages budgétaires des grands donateurs, dans un contexte international où l'aide publique au développement est sous pression.

Des organisations comme Médecins sans frontières appellent depuis plusieurs mois à ne pas relâcher l'effort de financement, estimant qu'un recul se traduirait rapidement par une remontée des indicateurs de mortalité.

L'enjeu vu depuis le Septentrion

Dans les régions du Nord et de l'Extrême-Nord du Cameroun, le paludisme demeure l'une des premières causes de consultation et de mortalité infantile, avec une saisonnalité marquée par les pluies de juillet à septembre.

Les campagnes de distribution de moustiquaires et de chimioprévention du paludisme saisonnier chez les enfants y dépendent largement de financements extérieurs, dont ceux du Fonds mondial.

Toute réduction du niveau de financement se traduirait donc, très concrètement, par des campagnes moins étendues ou espacées dans des zones où l'accès aux soins est déjà contraint par l'insécurité.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV