La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) table sur un ralentissement de la croissance dans la zone CEMAC en 2026 : 2,9 %, contre 3,5 % l'année précédente. L'institution monétaire, dont le siège est à Yaoundé, attribue ce repli à un environnement international plus tendu, tout en anticipant une inflation maîtrisée et une parité du franc CFA inchangée.
Un ralentissement dans un environnement international dégradé
La prévision de 2,9 % marque un décrochage par rapport aux 3,5 % enregistrés en 2025. Elle s'inscrit dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et par leur répercussion sur les cours des matières premières, en particulier ceux du pétrole, qui déterminent une large part des recettes budgétaires de plusieurs États membres.
La CEMAC réunit le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad. Sa structure économique reste très inégale : quatre de ses membres dépendent fortement des hydrocarbures, tandis que le Cameroun présente le profil le plus diversifié de la zone.
Un renchérissement durable du brut n'a pas les mêmes effets partout. Il améliore mécaniquement les recettes des pays exportateurs, mais alourdit la facture énergétique des économies importatrices nettes de produits raffinés et pèse sur les prix à la consommation.
Inflation contenue et parité maintenue
La BEAC anticipe une inflation qui resterait dans une fourchette maîtrisée, en dessous des pics observés au cours des années précédentes. Cette accalmie tient à la fois au resserrement monétaire conduit ces dernières années et à la stabilisation de certains prix alimentaires importés.
La banque centrale confirme par ailleurs la stabilité de la parité du franc CFA d'Afrique centrale. Émis par la BEAC, il constitue depuis 1958 la monnaie commune des six États membres, adossée à un dispositif de garantie de convertibilité qui structure toute la politique monétaire régionale.
Cette stabilité a un coût : elle contraint les marges de manœuvre budgétaires et impose aux États de financer leurs déficits sur le marché des titres publics régional ou auprès de bailleurs extérieurs, dans un contexte où les taux exigés par les investisseurs se sont tendus.
Ce que cela signifie pour les ménages du Septentrion
Une croissance de 2,9 % pour une zone dont la population progresse d'environ 2,5 % par an laisse peu de place à une amélioration sensible du revenu par habitant. Concrètement, la richesse produite augmente à peine plus vite que le nombre d'habitants à qui elle doit bénéficier.
Pour les ménages des régions du Nord, de l'Adamaoua et de l'Extrême-Nord du Cameroun, l'effet se lit d'abord dans les prix des produits importés et du transport, et dans le rythme de décaissement des projets publics d'infrastructure, dont plusieurs sont en cours dans le Septentrion.
Les prévisions de la BEAC sont par nature révisables : elles reposent sur des hypothèses de cours du pétrole et de conjoncture internationale qui peuvent évoluer rapidement. Elles constituent un cadrage, non une certitude.