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Culture

Disparition de Racine Sagath, l'une des voix du bikutsi camerounais

Vue d'une rue animée d'une ville d'Afrique de l'Ouest, illustration générique

La musique camerounaise perd l'une de ses figures. Le chanteur Racine Sagath est décédé le samedi 12 septembre 2026 à l'Hôpital général de Yaoundé, où il était hospitalisé depuis plusieurs mois. Interprète connu du bikutsi, il laisse derrière lui un répertoire qui a accompagné plusieurs générations d'auditeurs, dont le titre Nnem Mintié, l'un de ceux qui ont assis sa notoriété.

Une voix installée dans le paysage du bikutsi

Racine Sagath appartenait à cette génération d'artistes qui ont fait vivre le bikutsi sur les scènes et les ondes camerounaises, dans le sillage des grands noms qui avaient popularisé le genre. Sa voix et son écriture lui avaient valu une audience fidèle, particulièrement dans le Centre et le Sud, berceaux historiques de ce rythme.

Le titre Nnem Mintié figure parmi les morceaux les plus fréquemment associés à son nom. Comme souvent dans le bikutsi, le texte mêlait chronique sociale et registre intime, sur une pulsation ternaire caractéristique portée par le balafon puis, à l'ère moderne, par la guitare.

L'artiste était hospitalisé depuis plusieurs mois à Yaoundé, selon les informations relayées par la presse camerounaise. Les causes précises du décès n'ont pas été détaillées publiquement au moment où ces lignes sont écrites.

Le bikutsi, un patrimoine musical toujours vivant

Né dans les communautés beti du Centre-Cameroun, le bikutsi s'est imposé au cours de la seconde moitié du XXe siècle comme l'un des deux grands genres populaires du pays, aux côtés du makossa venu du Littoral. Son passage du balafon traditionnel à la guitare électrique puis aux arrangements de studio a permis sa diffusion nationale, puis internationale.

Le genre a connu plusieurs vagues de renouvellement, portées par des interprètes qui ont su l'ouvrir à d'autres esthétiques sans en perdre la signature rythmique. Cette plasticité explique sa longévité et la place qu'il occupe encore dans les répertoires de fête, de deuil et de campagne.

Au Septentrion comme ailleurs dans le pays, le bikutsi fait partie du fonds commun diffusé par les radios locales, au même titre que les musiques du Nord. La disparition d'un de ses interprètes reconnus déborde donc largement sa région d'origine.

La question récurrente de la protection sociale des artistes

Chaque disparition d'un artiste hospitalisé de longue date relance au Cameroun un débat ancien : celui de la couverture sociale et de la rémunération des créateurs. La question des droits d'auteur, de leur collecte et de leur répartition revient régulièrement dans le débat public, sans qu'un règlement durable ait été trouvé.

Plusieurs organisations professionnelles plaident de longue date pour un mécanisme de prévoyance dédié, capable de prendre en charge les frais médicaux des artistes en fin de carrière. Les initiatives existantes restent le plus souvent ponctuelles et dépendantes d'élans de solidarité individuels.

Les hommages devraient se multiplier dans les prochains jours, sur les antennes et les réseaux sociaux. Les modalités des obsèques n'étaient pas connues à la publication de cet article.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV