Le conseil des ministres du Niger, réuni le jeudi 10 septembre 2026 à Niamey sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, a adopté une série de textes touchant aux investissements, à la santé, à l'aviation, à l'éducation et aux infrastructures. Deux mesures retiennent l'attention : une ordonnance encadrant la presse électronique et un décret accordant des avantages fiscaux à un projet d'usine pharmaceutique à Niamey.
Un cadre juridique pour la presse en ligne
L'ordonnance adoptée vise à combler ce que l'exécutif décrit comme un vide : la presse électronique évoluait jusqu'ici dans un environnement juridique insuffisamment défini, ce qui empêchait l'Observatoire national de la communication d'exercer pleinement ses missions de régulation et de protection du public.
Le texte s'accompagne d'un second volet portant sur les conditions d'exercice du métier de correspondant de presse et sur l'accréditation des organes de presse étrangers. Les deux sujets sont liés : ils déterminent qui peut produire et diffuser de l'information au Niger, et selon quelles règles.
Comme toute législation sur les médias, ces ordonnances seront jugées à leur application. Selon l'usage qui en sera fait, un cadre de régulation peut aussi bien professionnaliser un secteur en expansion que restreindre l'espace d'expression. Le contenu détaillé des textes n'a pas été publié intégralement à ce stade.
Produire des médicaments sur place
Le conseil a par ailleurs adopté un décret accordant le bénéfice du régime conventionnel du code des investissements à la société NIPHARMEDIC SA, pour une activité de fabrication de produits pharmaceutiques à Niamey. L'objectif affiché est de développer la capacité de production nationale et d'améliorer la disponibilité des médicaments essentiels sur le marché nigérien.
La dépendance aux importations de médicaments est l'une des vulnérabilités structurelles des pays sahéliens : elle expose les systèmes de santé aux ruptures d'approvisionnement, aux variations de change et, depuis le blocage de plusieurs corridors routiers, aux aléas logistiques.
Le régime conventionnel du code des investissements consiste à accorder des exonérations et des garanties en contrepartie d'engagements chiffrés de l'investisseur. Son efficacité dépendra du suivi effectif de ces engagements, un point qui n'a pas été précisé dans le compte rendu.
Une méthode de gouvernement lisible à l'échelle de l'AES
Les textes adoptés couvrent également l'aviation, l'éducation et les infrastructures, ce qui donne à cette session l'allure d'un conseil de rattrapage normatif. Depuis 2023, les autorités nigériennes légifèrent largement par ordonnances, dans un cadre institutionnel de transition.
Cette production normative accélérée se retrouve, à des degrés divers, chez les trois membres de l'Alliance des États du Sahel. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont fait de la souveraineté, y compris informationnelle et sanitaire, un axe central de leur discours public.
L'Alliance s'apprête par ailleurs à marquer, le 16 septembre 2026, le troisième anniversaire de la charte du Liptako-Gourma qui en constitue l'acte fondateur. Les décisions nationales prises ces jours-ci s'inscrivent dans cette continuité affichée.