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Adamaoua

Bauxite de Minim Martap : A2MP fige son offre sur Canyon Resources jusqu'au 21 septembre

Installation industrielle d'extraction et de traitement de minerai

Le bras de fer autour de Minim Martap, principal gisement de bauxite du Cameroun situé dans l'Adamaoua, est entré dans sa phase décisive. Dans une communication publiée le 11 septembre 2026, la plateforme panafricaine A2MP Investments a indiqué que son offre de rachat des actions de Canyon Resources ne serait pas relevée et qu'elle expirerait le 21 septembre à 19 heures.

Une bataille de valorisation entre actionnaires

Fin juillet 2026, A2MP, déjà premier actionnaire de Canyon Resources avec 55,56 % du capital, a proposé d'acquérir le solde des titres au prix de 0,05 dollar australien par action, dans le cadre d'une offre publique d'achat hors marché. Le conseil de Canyon recommande toujours à ses actionnaires de rejeter cette proposition, qu'il juge insuffisante.

Le désaccord porte sur la valeur du projet. Un rapport d'expert commandé par Canyon estime que l'offre sous-évalue Minim Martap, notamment parce qu'elle ne tiendrait pas compte des réserves exploitables au-delà des vingt premières années d'exploitation. A2MP conteste ce raisonnement en rappelant que le permis minier arrive à échéance en 2044.

Les chiffres eux-mêmes ont fortement varié. En février 2026, l'expert indépendant situait la valeur de la participation de Canyon entre 45 et 115 millions de dollars australiens, avec 80 millions comme hypothèse la plus probable. Six mois plus tard, cette même valeur n'était plus estimée qu'à 27 millions. Pour A2MP, cet écart illustre la sensibilité extrême de la valorisation aux hypothèses retenues.

Ce que le blocage coûte au Cameroun

Canyon évalue désormais la valeur du projet à 538 millions de dollars, contre 521 millions précédemment, soit une progression de 17 millions. A2MP soutient qu'à méthode comparable, cette valeur aurait en réalité reculé d'environ 33 millions, la hausse affichée s'expliquant surtout par un changement de la période de calcul retenue. Ces chiffres relèvent de positions de parties et n'ont pas été arbitrés par un tiers indépendant.

Au 11 septembre, A2MP déclarait détenir, avec ses associés, un intérêt de 56,63 % du capital de Canyon. Le groupe affirme vouloir continuer à jouer un rôle constructif dans l'avenir de la société, quelle que soit l'issue de l'offre.

Pour le Cameroun, l'enjeu est industriel avant d'être boursier. Minim Martap doit constituer la première mine de bauxite à l'échelle industrielle du pays, avec à la clé des emplois directs et indirects dans l'Adamaoua et des recettes minières attendues depuis plusieurs années. Une première exportation avait été évoquée pour 2026. Chaque mois de désaccord entre actionnaires repousse d'autant cette perspective.

A2MP, un opérateur panafricain adossé à Afreximbank

A2MP se présente comme une plateforme active dans neuf pays africains, associant extraction et transformation locale de minéraux critiques : or, bauxite, manganèse et minerai de fer. Elle revendique une dizaine d'actifs miniers et quatre pôles de traitement.

Le groupe a reçu le soutien de FEDA, le bras d'investissement d'Afreximbank, qui a engagé 300 millions de dollars pour accélérer son déploiement, en mettant en avant un modèle destiné à retenir davantage de valeur ajoutée sur le continent. En Sierra Leone, FG Gold, dont A2MP détient près de la moitié du capital, développe le projet aurifère de Baomahun, crédité de 5,81 millions d'onces de ressources. Au Gabon, Nouvelle Gabon Mining exploite deux mines de manganèse d'une capacité annoncée de 2 millions de tonnes par an.

La question posée aux actionnaires de Canyon dépasse donc le seul prix proposé. Elle porte sur la capacité de chaque camp à faire sortir de terre un projet qui accumule les retards. Pour les collectivités de l'Adamaoua, l'attente est plus prosaïque : voir démarrer un chantier annoncé depuis plus d'une décennie.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV