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Cameroun

Bamenda : une attaque armée à Nkwen fait trois morts et quatre blessés

Soldats en tenue militaire lors d'un rassemblement des forces armées

Une attaque armée survenue lundi 14 septembre 2026 dans un débit de boissons du quartier Nkwen, à Bamenda, a fait trois morts et quatre blessés parmi la population civile, selon un bilan communiqué par la préfecture du département de la Mezam.

Une incursion armée en plein après-midi

Selon la préfecture de la Mezam, l'attaque s'est produite lundi vers 15 heures dans un débit de boissons situé aux abords de Back PMI, dans la commune de Bamenda III. Des individus armés non identifiés ont ouvert le feu sur les clients présents, provoquant la mort de trois personnes — deux hommes et une femme selon plusieurs sources locales — et blessant quatre autres civils.

Les autorités administratives ont qualifié les faits d'« incursion de terroristes armés », une formulation utilisée de façon récurrente au Cameroun pour désigner les actions de groupes séparatistes armés actifs dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Aucune revendication officielle n'avait été rendue publique au moment de la rédaction de cet article.

Les circonstances précises de l'attaque — mobile, identité des assaillants, lien éventuel avec d'autres violences récentes dans la ville — restent à établir. La prudence s'impose donc sur les motivations exactes de cette action, en l'absence d'enquête rendue publique.

Une ville rythmée par une violence récurrente

Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest, est confrontée depuis plusieurs années à des violences liées à la crise anglophone, qui oppose depuis 2016 les autorités camerounaises à des groupes armés séparatistes revendiquant l'indépendance ou une plus large autonomie des régions anglophones. Les attaques ciblant des civils, des enseignants ou des transporteurs y sont documentées de manière récurrente par la presse locale.

La rentrée scolaire 2026, entamée début septembre, a déjà été marquée dans la région par plusieurs incidents violents, dont l'assassinat d'une enseignante à Bamenda quelques jours plus tôt, ce qui avait conduit les autorités à renforcer le dispositif sécuritaire autour des établissements scolaires.

Cette accumulation d'incidents nourrit un climat d'insécurité qui pèse sur la vie économique et sociale de la ville, où commerces et lieux de convivialité limitent leurs horaires d'ouverture par précaution, selon des témoignages recueillis par la presse locale.

Une réponse sécuritaire sous surveillance

Les forces de défense et de sécurité camerounaises avaient organisé, fin août, une évaluation sécuritaire exceptionnelle sous la houlette du ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, en prélude à la rentrée scolaire et universitaire dans les zones à risque, dont le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Malgré ce dispositif, l'attaque du 14 septembre illustre la difficulté à sécuriser durablement l'ensemble du territoire urbain de Bamenda, où les groupes armés opèrent de façon mobile et imprévisible, y compris dans des zones considérées comme relativement calmes.

Les autorités locales n'ont pas communiqué, à ce stade, sur d'éventuelles mesures supplémentaires de sécurisation des lieux publics à la suite de cette attaque. Les populations de Nkwen, elles, retiennent leur souffle après ce nouvel épisode de violence.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV