Célébrée chaque année le 17 septembre à l'initiative de l'Organisation mondiale de la santé, la Journée mondiale de la sécurité des patients et patientes met cette année l'accent sur les soins sûrs pour les maladies non transmissibles, un enjeu de plus en plus prégnant pour les systèmes de santé du continent africain.
Un thème qui reflète une transition épidémiologique
Le thème retenu pour cette édition 2026 — « des soins sûrs pour les maladies non transmissibles » — traduit une préoccupation croissante des autorités sanitaires internationales face à la progression des maladies chroniques telles que le diabète, l'hypertension artérielle ou certains cancers, longtemps considérées comme secondaires face aux maladies infectieuses sur le continent africain.
Cette journée, instaurée par l'Assemblée mondiale de la santé, vise à sensibiliser les professionnels de santé, les décideurs publics et le grand public aux risques d'erreurs médicales évitables et à la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité dans la prise en charge des patients, y compris pour les pathologies chroniques nécessitant un suivi de longue durée.
En Afrique, la prise en charge des maladies non transmissibles se heurte souvent à un accès limité aux traitements de longue durée, à un maillage insuffisant des structures spécialisées hors des grands centres urbains, et à des ruptures fréquentes dans l'approvisionnement en médicaments essentiels.
Un fardeau croissant pour les systèmes de santé africains
Selon plusieurs analyses de l'Organisation mondiale de la santé, les maladies non transmissibles représentent une part croissante de la mortalité sur le continent, une évolution liée à l'urbanisation, aux changements d'habitudes alimentaires et au vieillissement progressif de certaines populations urbaines.
Cette évolution impose aux systèmes de santé nationaux, historiquement construits autour de la lutte contre les maladies infectieuses comme le paludisme, la tuberculose ou le VIH, de développer parallèlement des capacités de dépistage précoce et de suivi chronique, un défi organisationnel et budgétaire de taille pour de nombreux pays à ressources limitées.
Les autorités sanitaires camerounaises, à l'instar de plusieurs de leurs homologues de la sous-région, ont multiplié ces dernières années les campagnes de sensibilisation au dépistage du diabète et de l'hypertension, sans que les moyens alloués ne suffisent toujours à couvrir l'ensemble du territoire national.
Une journée d'appel à la mobilisation, pas de bilan chiffré
Contrairement à d'autres journées de santé publique associées à des campagnes de vaccination ou de dépistage massif, la Journée mondiale de la sécurité des patients revêt avant tout une dimension de sensibilisation institutionnelle, sans objectif chiffré immédiat à atteindre au niveau national.
Les établissements hospitaliers et les ordres professionnels de santé sont traditionnellement invités, à cette occasion, à organiser des activités locales de formation et de sensibilisation à la sécurité des soins, sans qu'un bilan consolidé de ces initiatives ne soit systématiquement rendu public.
Pour les patients, l'enjeu concret reste la qualité effective de la prise en charge au quotidien, un indicateur difficile à mesurer de façon uniforme à l'échelle d'un pays et qui dépend largement des moyens humains et matériels disponibles dans chaque structure de soins.