La mobilisation financière contre l'épidémie d'Ebola en Afrique centrale s'intensifie. Mercredi 23 septembre 2026, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le département d'État américain a promis 267 millions de dollars supplémentaires. La contribution totale des États-Unis atteint ainsi 886 millions de dollars, alors que la flambée provoquée par le virus Bundibugyo est déjà la plus vaste jamais enregistrée en République démocratique du Congo.
Un objectif international de 2 milliards
Selon des responsables américains cités par Reuters et repris par Bénin Web TV, sur les 886 millions de dollars engagés par Washington, 107 millions proviennent du département de la Santé et des Services sociaux. L'annonce a été faite lors d'une réunion internationale organisée à New York pour mobiliser les financements manquants.
Les États-Unis espèrent entraîner d'autres donateurs afin d'atteindre un objectif global de 2 milliards de dollars, destinés principalement à la RDC. La RDC et l'Ouganda figuraient parmi les pays attendus à cette réunion.
Les fonds doivent financer des centres de traitement, des outils de diagnostic et des équipements destinés aux soignants déployés sur le terrain, avec l'objectif affiché de contenir l'épidémie à sa source.
Une épidémie hors norme
Dans son point du 10 septembre, l'Organisation mondiale de la santé recensait en RDC 6 757 cas confirmés et 3 267 décès au 7 septembre. La maladie touchait alors 61 zones de santé réparties dans six provinces. Détectée en mai, cette flambée est décrite par l'OMS comme la plus vaste épidémie d'Ebola jamais enregistrée dans le pays.
Le risque est jugé très élevé au niveau national et élevé dans les pays frontaliers. L'OMS a même averti que cette épidémie était en passe de dépasser celle qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016, la plus meurtrière de l'histoire.
Une part importante des décès survient au sein des communautés plutôt que dans les centres de traitement, ce qui complique le suivi des chaînes de transmission et retarde la prise en charge.
L'incertitude du vaccin
La réponse est compliquée par l'absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo. Le vaccin Ervebo, efficace contre la souche Zaïre, est utilisé dans le cadre d'un protocole de recherche, mais son efficacité contre Bundibugyo n'est pas établie.
Dans ce contexte, les mesures classiques restent essentielles : détection rapide, isolement des cas, suivi des contacts, inhumations sécurisées et sensibilisation des populations, comme lors de la campagne de démonstration organisée le 22 septembre à Beni, dans le Nord-Kivu.
Pour les pays voisins, dont ceux de la zone CEMAC, la vigilance aux frontières et la préparation des systèmes de santé restent de mise tant que l'épidémie n'est pas maîtrisée en RDC.