À quelques semaines de la rentrée académique 2026-2027, le ministère de l'Enseignement supérieur (Minesup) tente de désamorcer une crise sociale à plusieurs étages. Le 23 septembre, le ministre d'État Jacques Fame Ndongo a reçu le bureau du Syndicat national des personnels d'appui des universités du Cameroun (Synapauc), tandis que les enseignants du Synes maintiennent leur mot d'ordre de grève illimitée.
Un chronogramme et un comité de suivi pour les personnels d'appui
La rencontre s'est tenue en présence d'un représentant du ministère des Finances (Minfi) et des recteurs des universités de Yaoundé I et Yaoundé II, rapporte Lebledparle. Les discussions ont porté sur ce que le Minesup qualifie de « revendications historiques » : profil de carrière, grille salariale, rappels et avancements bloqués, assurances et régularité des salaires.
Les solutions retenues ont été classées selon leur échéance, à court ou moyen terme, et selon l'institution responsable : universités, Minesup ou Minfi. Un chronogramme d'actions a été adopté et un comité de suivi réunissant toutes les parties a été créé.
De son côté, le Synapauc a réaffirmé sa loyauté envers les autorités et s'est engagé à préserver la sérénité sur les campus. Le détail chiffré des engagements pris n'a pas été rendu public.
La dette académique au cœur de la grève des enseignants
Cette démarche intervient alors que le Syndicat national de l'enseignement supérieur (Synes) poursuit une grève illimitée. Les enseignants réclament le paiement intégral de la dette académique accumulée entre 2000 et 2021, dont le solde est évalué à 9,696 milliards de FCFA, soit 57 % de la dette totale restant à apurer, selon les chiffres rapportés par la presse.
Le gouvernement a commencé à mobiliser des fonds, notamment pour régler des arriérés de primes de modernisation de la recherche, mais moins de la moitié de la dette globale a été résorbée à ce jour.
Pour les étudiants, y compris ceux des universités de Maroua, Garoua et Ngaoundéré, l'incertitude porte sur le calendrier : une paralysie prolongée pourrait retarder cours, examens et soutenances.
Éviter la paralysie à l'approche de la rentrée
L'enjeu pour le gouvernement est double : empêcher que la grogne des personnels d'appui ne s'ajoute à celle des enseignants, et éviter une paralysie totale des campus au moment où doit démarrer l'année académique.
En traitant en amont les revendications du Synapauc, le Minesup cherche manifestement à circonscrire le conflit au seul dossier de la dette académique. Reste à savoir si de nouveaux décaissements permettront de convaincre le Synes de suspendre son mouvement.
Aucune date de reprise des négociations avec le Synes n'avait été annoncée à la date de publication de cet article.