L'intégration de la Confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES) gagne le secteur numérique. Les autorités de régulation des télécommunications du Burkina Faso, du Mali et du Niger devaient signer, vendredi 25 septembre 2026 à Ouagadougou, une convention instituant le Conseil des régulateurs du Sahel (CRS), cadre permanent de coordination entre les trois pays.
Un cadre permanent entre trois régulateurs
Le futur conseil réunira l'ARCEP du Burkina Faso, l'Autorité malienne de régulation des télécommunications et des postes (AMRTP) et l'ARCEP du Niger, selon le magazine économique Managers, qui a détaillé le projet la veille de la signature.
Leur coopération doit porter sur l'itinérance communautaire, la cybersécurité, la protection des consommateurs et la gestion des fréquences. Les trois autorités veulent aussi faciliter la reconnaissance mutuelle des équipements homologués et mieux encadrer les activités postales transfrontalières.
Le texte prévoit enfin de coordonner l'introduction des technologies émergentes et de rapprocher les positions des trois pays dans les instances internationales du secteur.
Une coopération numérique déjà amorcée
Cette initiative prolonge des démarches antérieures. En avril 2025, les autorités de protection des données personnelles des trois pays avaient déjà créé un cadre commun pour harmoniser leurs pratiques et renforcer la gouvernance des données.
Elle s'inscrit aussi dans la série de chantiers sectoriels lancés depuis la transformation de l'AES en confédération en juillet 2024 : énergie, mines, transports ou encore documents d'identité communs.
À la date de rédaction, le contenu définitif de la convention signée et le calendrier de mise en place des organes du CRS n'avaient pas encore été rendus publics.
Des effets attendus pour les usagers et les opérateurs
Pour les opérateurs présents dans plusieurs pays de l'AES, une coordination accrue des règles pourrait faciliter le déploiement des équipements et services, et réduire certaines divergences réglementaires.
Pour les abonnés, l'enjeu le plus concret reste l'itinérance : des tarifs harmonisés ou réduits entre Ouagadougou, Bamako et Niamey constitueraient un signe tangible de l'intégration régionale.
La réussite du dispositif dépendra toutefois de la capacité des trois régulateurs à traduire ces orientations en décisions contraignantes, dans un environnement sécuritaire et budgétaire difficile.