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Économie

Cameroun : S&P maintient la note B-/B mais abaisse sa prévision de croissance à 3,5 % en 2026

Siège d'une banque commerciale à Lagos, au Nigeria

Pour la deuxième fois consécutive, l'agence S&P Global Ratings a maintenu la note souveraine du Cameroun à « B-/B », avec une perspective stable. Mais derrière ce statu quo, publié le 18 septembre et repris cette semaine dans la note de conjoncture du Service économique régional pour l'Afrique centrale, l'agence dresse un tableau moins favorable de l'économie camerounaise en 2026.

Une croissance revue à la baisse

S&P a ramené sa prévision de croissance pour 2026 à 3,5 %, selon les éléments rapportés par Financial Afrik et Investir au Cameroun. L'agence cite une contraction marquée du secteur des hydrocarbures et des performances plus faibles qu'attendu dans l'agriculture, l'industrie manufacturière, l'agro-industrie et la construction.

La baisse de la production pétrolière, documentée ces dernières semaines par la presse économique, pèse directement sur l'activité et sur les recettes d'exportation.

Le recul des cours du cacao, l'un des principaux produits d'exportation du pays, contribue également à ce ralentissement.

Des déficits plus lourds que prévu

L'agence a relevé ses projections de déficit budgétaire à 2,5 % du PIB et de déficit courant à 4,4 % du PIB pour 2026. Si les prix élevés des hydrocarbures soutiennent en partie les recettes publiques, la baisse des volumes produits et la hausse des subventions creusent les déséquilibres.

Les besoins de financement publics restent importants, alors que le pays fait face à des arriérés et à une forte sollicitation du marché régional des titres publics de la CEMAC.

Pour les finances publiques, la note B- signifie un accès au financement possible mais coûteux, les investisseurs exigeant une prime de risque élevée.

La transition politique sous surveillance

La perspective stable reflète, selon S&P, un équilibre entre plusieurs risques : une gouvernance jugée faible, les incertitudes liées à une transmission du pouvoir qui n'a jamais été éprouvée, la dépendance aux exportations de matières premières et une gestion des finances publiques en amélioration mais encore insuffisante.

Plusieurs commentateurs ont souligné que l'agence place la question de la succession présidentielle au premier rang des facteurs à surveiller.

Une amélioration de la note supposerait, à terme, une reprise de la production, une consolidation budgétaire plus nette et une réduction des arriérés intérieurs ; une dégradation pourrait intervenir en cas de tensions de liquidité ou d'instabilité politique.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV