L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, vendredi 25 septembre 2026, l'extension de son programme de préqualification à une nouvelle série de dispositifs médicaux jugés essentiels. Préservatifs, dispositifs intra-utérins, instruments de circoncision masculine médicale et logiciels de dépistage de la tuberculose fondés sur l'intelligence artificielle sont désormais concernés. Une décision technique, mais aux conséquences importantes pour les systèmes de santé africains.
À quoi sert la préqualification de l'OMS
La préqualification est un mécanisme indépendant d'assurance qualité : les produits sont évalués avant d'être inscrits sur une liste de référence utilisée par les agences des Nations unies, les fonds d'achat internationaux, les bailleurs et de nombreux gouvernements.
Pour les pays dont les autorités de réglementation manquent de moyens, cette liste est souvent le principal filtre permettant de distinguer un produit fiable d'un produit défaillant ou contrefait. Selon l'OMS, près de 70 % des pays signalent des systèmes de réglementation insuffisants pour les médicaments et les vaccins, et la situation est encore plus difficile pour les dispositifs médicaux.
Les pays du Sahel et d'Afrique centrale, dont une partie des achats de santé dépend de financements extérieurs, sont directement concernés.
Contraception, VIH et tuberculose
La préqualification des préservatifs masculins et féminins et des dispositifs intra-utérins, jusqu'ici assurée par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), est transférée à l'OMS, rapporte le site Les Afriques. L'organisation souligne le rôle de contraceptifs de qualité dans la prévention des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles.
Les dispositifs de circoncision masculine médicale volontaire entrent également dans le programme. L'OMS rappelle que cette intervention peut réduire d'environ 60 % le risque d'infection par le VIH lors de rapports hétérosexuels chez les hommes.
Enfin, les logiciels de détection assistée par ordinateur de la tuberculose (CAD-TB), qui analysent des radiographies thoraciques par intelligence artificielle, sont désormais évalués. Ils peuvent accélérer le dépistage là où les radiologues sont rares, à condition de disposer d'équipements d'imagerie et d'une connectivité suffisante.
Des questions encore ouvertes
Plusieurs points restent à préciser : le calendrier des premières préqualifications dans ces nouvelles catégories, le coût des procédures et la place que pourront y prendre des fabricants africains, souvent pénalisés par la lourdeur des dossiers.
Une préqualification délivrée à Genève ne garantit pas non plus la disponibilité du produit dans un centre de santé rural : chaînes d'approvisionnement, financement et politiques nationales d'achat restent déterminants.
L'intégration d'outils d'intelligence artificielle dans un cadre onusien soulève enfin des questions de validation clinique dans les contextes africains et de mise à jour des algorithmes, qui devront être suivies de près.