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Sahel

Niger : après l'attaque de Fartel et une mutinerie, les failles de l'appareil sécuritaire en question

Membres d'une unité d'intervention du programme GARSI-Sahel au Niger

Le ministère nigérien de la Défense a annoncé dans la soirée du mercredi 23 septembre 2026 que « plusieurs soldats » avaient été tués le matin même, vers 6 h 30, près de Fartel, à 22 km à l'est d'Abala, dans la région de Tillabéri. Selon l'armée, les militaires menaient une opération d'interception de bétail enlevé lorsqu'ils ont rencontré une importante colonne d'assaillants à moto. Le bilan précis n'a pas été communiqué.

Une attaque dans une zone sous tension permanente

La zone d'Abala-Fartel, proche de la frontière malienne, est sous pression depuis le début de l'année. Selon un décompte publié par le quotidien ivoirien Fraternité Matin, une embuscade près de Bankilaré avait coûté la vie à huit soldats en janvier, des véhicules civils avaient été incendiés sur l'axe Abala-Ménaka en mars, un poste avancé avait été attaqué en juin, et des convois de ravitaillement avaient été visés en août.

Les autorités qualifient désormais systématiquement les assaillants de « mercenaires ». Aucune revendication n'avait été rendue publique au moment de la rédaction de cet article.

Une mutinerie quelques jours plus tôt

L'attaque intervient peu après une mutinerie dans un camp de la même zone, sur fond de revendications liées aux conditions de vie et à des retards de primes, selon la même source. Fin août déjà, un mouvement d'humeur de militaires avait été signalé à Niamey. Ces épisodes rapprochés alimentent les interrogations sur le moral et la cohésion des troupes.

Les analystes cités par la presse régionale pointent trois fragilités : le renseignement, avec des colonnes armées capables de circuler sans être interceptées en amont ; la mobilité et la logistique, faute de blindés, d'appui aérien rapproché et de liaisons radio fiables ; et enfin la chaîne de commandement, éprouvée par les tensions internes.

Les limites des nouveaux partenariats de l'AES

Depuis 2023, Niamey a mis fin à sa coopération militaire avec la France puis les États-Unis, et l'Alliance des États du Sahel (AES) a privilégié d'autres partenaires pour la formation et l'équipement, notamment des drones. Mais ces apports ne compensent pas entièrement, selon plusieurs observateurs, la perte de capacités de surveillance sur un territoire de près de 1,27 million de km².

Sur le plan régional, la mutualisation des moyens entre Niamey, Bamako et Ouagadougou reste à consolider, alors que la frontière avec le Mali demeure poreuse. Pour les autorités nigériennes, l'enjeu est désormais autant organisationnel que militaire : renforcer le renseignement, payer et équiper correctement les troupes, et sécuriser durablement les axes ruraux.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV