Combien le Gabon doit-il réellement ? C'est la question au centre de l'entretien que le président Brice Clotaire Oligui Nguema a eu vendredi 25 septembre 2026 à Port-Gentil avec une délégation du Fonds monétaire international (FMI). Selon la communication présidentielle relayée par Gabon Media Time, les échanges ont porté sur l'évaluation de la « situation réelle » de l'endettement et sur la fiabilisation des données relatives aux finances publiques.
Rapprocher des évaluations divergentes
Les discussions s'inscrivent dans le prolongement des travaux techniques menés entre les experts du FMI et ceux du ministère de l'Économie et des Finances. L'objectif affiché est de rapprocher les différentes évaluations disponibles de la dette pour aboutir à une lecture partagée et fiable de la situation financière du pays.
Selon plusieurs médias gabonais, des écarts sont apparus ces dernières années entre les montants présentés, et la dette publique est régulièrement estimée autour de 80 % du PIB. La Présidence met en avant trois exigences : la transparence, la sincérité des comptes publics et la maîtrise durable de l'endettement.
Vers un nouveau programme avec le FMI
Cette séquence intervient alors que Libreville se rapproche, selon la presse locale, de l'ouverture de négociations sur un nouveau programme avec l'institution de Bretton Woods. Un accord est évoqué d'ici la fin de l'année, mais un audit préalable de la dette apparaît comme un passage obligé.
L'enjeu pour les autorités consiste à restaurer une trajectoire soutenable des finances publiques sans réduire excessivement la capacité de l'État à financer ses investissements et ses priorités sociales.
Une charge d'intérêts en forte hausse
La pression budgétaire est réelle : selon des données du projet de budget relayées par Gabon Media Time, la facture des intérêts de la dette pourrait augmenter d'environ 180 milliards de FCFA en 2027. Dans le même temps, le gouvernement annonce une baisse de certaines dépenses de souveraineté.
Pour la zone CEMAC, où plusieurs États discutent ou appliquent des programmes avec le FMI, la clarification des chiffres gabonais constitue un signal attendu par les partenaires financiers et les marchés. Les prochaines étapes des discussions devraient être précisées dans les semaines à venir.