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Santé

Tchad : plus de 55 000 réfugiés soudanais arrivés en 2026, un accueil saturé et sous-financé

Centre de santé à Zinvié, au Bénin

L'exode des Soudanais vers le Tchad s'accélère. Plus de 55 000 personnes ont gagné l'est du pays depuis le début de l'année, fuyant l'intensification des combats au Darfour et dans les Kordofans, a indiqué vendredi 25 septembre le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Cette nouvelle vague frappe un pays qui accueille déjà près d'un million de réfugiés, au moment où les financements internationaux se raréfient.

Des arrivées vingt fois plus nombreuses

Depuis la semaine dernière, plus de 400 personnes franchissent chaque jour les points de passage d'Adré et de Tiné, soit environ vingt fois le rythme observé ces derniers mois, selon le HCR. Cette hausse brutale traduit la dégradation de la situation sécuritaire au Soudan, où combats, frappes aériennes et attaques de drones poussent les civils à fuir.

Au centre de transit de Tiné, qui héberge plus de 4 300 personnes, de nombreux arrivants font état de violences subies pendant leur fuite, y compris des violences sexuelles contre des femmes et des filles, a rapporté un responsable régional du HCR.

Eau, abris, soins : des besoins non couverts

Plus de 190 000 réfugiés patientent près de la frontière dans des conditions précaires, avec un manque criant d'abris et d'eau potable, selon les Nations unies. L'accès aux soins de santé essentiels reste très limité, alors que la saison des pluies accroît les risques de maladies hydriques.

Le plan d'aide régional, évalué à 1,6 milliard de dollars, n'est financé qu'à hauteur de 18 %. Au Tchad, les ressources disponibles ne permettent au HCR d'apporter une assistance de base qu'à une partie des réfugiés, une situation qui pousse certains à poursuivre leur route vers d'autres pays.

Le choléra recule au Soudan, la vigilance demeure

Note d'espoir sur le plan sanitaire : l'épidémie de choléra qui sévissait au Soudan depuis mai a nettement reflué. L'Organisation mondiale de la santé n'a recensé que huit cas et aucun décès pour la semaine achevée le 11 septembre, contre un pic de plus de 400 cas début juillet. L'épidémie aura totalisé près de 3 000 cas et 250 décès.

L'OMS appelle toutefois à la prudence face à un système de santé désorganisé par la guerre. Dans les provinces tchadiennes du Ouaddaï et du Sila, la pression sur les structures sanitaires et les points d'eau reste un défi majeur des prochaines semaines.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV