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Économie

FMI : l'évaluation des secteurs financiers réformée, avec l'Afrique face aux risques numériques et de dette

Carrefour animé d'un marché à Mararaba, au Nigeria

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu en profondeur l'un de ses principaux outils de surveillance, le Programme d'évaluation du secteur financier (FSAP). Conclue par le conseil d'administration le 3 septembre et détaillée le 27 septembre par le média éthiopien Capital, cette réforme concerne directement les économies africaines, confrontées à la montée de la dette publique et à l'essor de la finance numérique.

Un outil plus ciblé et modulaire

Créé en 1999, le FSAP a donné lieu à 416 évaluations dans 161 pays membres. Dans les pays émergents et en développement, il est conduit conjointement avec la Banque mondiale. La réforme le rend plus centré sur les risques et plus modulaire, organisé autour de trois volets : l'analyse des risques, les cadres de stabilité financière, et la gestion et la résolution des crises.

Les conclusions des évaluations seront mieux articulées avec les consultations annuelles au titre de l'Article IV et avec l'assistance technique du Fonds. Des délais de mise en œuvre plus longs pourront être accordés aux pays, et la méthode de désignation des pays à secteur financier d'importance systémique a été actualisée, en laissant une part au jugement des équipes du FMI.

Numérique, crypto-actifs, climat : de nouveaux risques sous la loupe

La revue place au premier plan des risques jusqu'ici moins suivis : la numérisation des services financiers, l'intelligence artificielle, les crypto-actifs et les stablecoins, la cybersécurité, les risques climatiques et le poids croissant des institutions financières non bancaires. Le FMI s'engage aussi à plus de transparence sur ses méthodes et prévoit un usage encadré de l'intelligence artificielle dans ses propres analyses.

Pour l'Afrique, où le mobile money et les fintech ont transformé l'accès aux services financiers, ces nouveaux axes sont particulièrement pertinents. Une panne ou une cyberattaque visant un opérateur de paiement mobile peut désormais avoir des effets systémiques sur des millions d'usagers.

Le lien entre États et banques au cœur des préoccupations

L'analyse publiée par Capital souligne un autre enjeu majeur pour le continent : le lien étroit entre les États et leurs banques. Dans de nombreux pays, dont ceux de la zone CEMAC, les banques détiennent une part importante de la dette publique, ce qui expose leur bilan à toute dégradation des finances de l'État.

Le risque de contagion régionale, via les groupes bancaires panafricains et les marchés de titres publics communs, figure également parmi les points de vigilance. La réforme du FSAP devrait ainsi orienter les prochaines évaluations menées sur le continent, sans calendrier précis annoncé à ce stade pour les pays africains.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV