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Septentrion

Mora : l'hôpital de district débordé par l'afflux de déplacés fuyant Boko Haram

Bâtiment d'un hôpital de district en Afrique de l'Ouest

Dans l'Extrême-Nord, la pression sécuritaire se traduit désormais dans les salles d'hôpital. À Mora, ville proche de la frontière nigériane, l'hôpital de district fonctionne au-delà de ses capacités, alimenté par l'arrivée de familles ayant fui les attaques attribuées à Boko Haram dans les villages environnants. Le quotidien régional L'Œil du Sahel titrait lundi 28 septembre que plus de 800 personnes ont trouvé refuge dans la ville.

Une pédiatrie saturée en plein pic de paludisme

Selon un reportage de RFI publié le 21 septembre, le bloc de pédiatrie de l'hôpital de district de Mora affichait complet : 31 enfants hospitalisés pour 18 lits. Le directeur de l'établissement, le docteur Abali Malloum, expliquait alors avoir dû ajouter une dizaine de matelas en une seule journée pour faire face aux admissions, la plupart liées au paludisme.

La hausse de fréquentation touche tous les services, y compris les urgences et le bloc opératoire. Le personnel soignant cite des césariennes en urgence, des accidents de la circulation et des cas nécessitant une intervention rapide. Une partie de ces patients sont des déplacés arrivés sans ressources, souvent partis de leur village sans rien emporter.

Pour ne pas laisser ces familles sans soins, la prise en charge est gratuite pour les enfants de 0 à 15 ans pendant la période du pic de paludisme, selon les responsables de l'établissement cités par RFI.

Des centres de santé villageois à l'arrêt

Le chef du district de santé de Mora, Baboua Yerima, souligne que les centres de santé implantés dans les villages ne peuvent plus fonctionner normalement, car situés dans des zones d'insécurité. Les malades convergent donc vers la ville, concentrant la demande sur un seul plateau technique.

L'hôpital a pourtant été renforcé il y a deux ans, avec un nouveau bloc opératoire et un bâtiment postopératoire construits par Médecins sans frontières. Quinze personnels de MSF viennent également en appui. Mais ces moyens restent insuffisants pour une ville dont la population est estimée à plus de 309 000 habitants.

La situation de Mora fait écho aux mouvements observés ailleurs dans la région : après l'attaque meurtrière de la nuit du 16 au 17 septembre à Makary, qui a fait quinze morts, plusieurs centaines de personnes ont pris la direction de Kousseri.

Un contexte sécuritaire qui s'est durci en 2026

Ces déplacements s'inscrivent dans une dégradation mesurée par les Nations unies. Dans son rapport de situation couvrant avril à juin 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a recensé 308 personnes enlevées dans l'Extrême-Nord en trois mois, contre 141 un an plus tôt, soit une hausse de 118 %.

La presse régionale signale aussi l'installation de nouvelles bases du Bataillon d'intervention rapide (BIR) à Bargaram et Hilé-Alifa, signe du renforcement du dispositif militaire. Sur le plan sanitaire, les responsables locaux plaident pour un appui accru afin que l'hôpital de Mora puisse absorber durablement un afflux qui dépend largement de l'évolution de la sécurité autour de la ville.

Le Sahel TV n'a pas pu obtenir, à ce stade, de chiffres officiels actualisés sur le nombre total de déplacés accueillis à Mora depuis la mi-septembre.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV