Absent de New York, le président Paul Biya s'est fait représenter à la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies par son ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella. Le discours, prononcé le 26 septembre et largement repris lundi par la presse camerounaise, s'en tient à une ligne de continuité : défense du multilatéralisme, appel au financement du développement et message rassurant sur la situation intérieure.
Guerres, course aux armements et retour à la Charte
Cameroon Tribune a titré lundi sur un Paul Biya qui « parle au monde », retenant l'appel du chef de l'État à rompre avec le cycle des guerres et de la course aux armements, présenté comme une menace pour l'humanité, et à revenir aux principes de la Charte des Nations unies.
Le texte reprend le thème de la session, consacré au rétablissement de la confiance et à la transformation de l'ONU, et le décline autour de la confiance entre États, de la réconciliation entre peuples et institutions, et de la maîtrise des technologies, dont l'intelligence artificielle. Il rend aussi hommage à António Guterres, dont c'est la dernière Assemblée générale comme secrétaire général.
Le financement du développement au cœur du message
Point le plus appuyé du discours, selon l'analyse de Journal du Cameroun : le financement du développement « ne doit pas être considéré comme une œuvre de bienfaisance », mais comme un investissement dans la stabilité et la sécurité collective. Yaoundé demande la mise en œuvre intégrale des engagements pris à Séville en juillet 2025 et une réforme de l'architecture financière internationale plus favorable aux pays du Sud.
Le Cameroun a également réitéré la position commune de l'Union africaine en faveur d'une meilleure représentation du continent au Conseil de sécurité, et rappelé son rôle de contributeur aux opérations de maintien de la paix ainsi que son engagement, avec la Commission du bassin du lac Tchad, contre le terrorisme.
Un paragraphe sur le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, des silences remarqués
Seul passage consacré à la politique intérieure, le discours affirme que les efforts de lutte contre l'insécurité et de réintégration dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont produit des « résultats palpables et observables sur le terrain », sans avancer de chiffres.
Les lectures divergent dans la presse : le quotidien Émergence a qualifié le discours de « hors-sol », tandis que La Nouvelle Expression rapportait le même jour la mort de deux gendarmes à Buea et Bamenda le 24 septembre. Plusieurs commentateurs relèvent aussi que le texte n'aborde ni la succession à la tête de l'État ni le calendrier électoral.
Sur la forme, l'absence physique de Paul Biya à New York confirme une pratique désormais bien établie, le chef de l'État déléguant depuis plusieurs années sa participation au débat général.