Lundi 28 septembre, deux membres du gouvernement se sont rendus à Waza, dans le département du Logone-et-Chari, pour remettre une aide alimentaire à des familles chassées de leurs villages par les attaques de Boko Haram. Selon Cameroon Tribune, plus de 1 500 ménages, soit près de 5 000 personnes, ont bénéficié de ces dons, présentés comme un geste du couple présidentiel. Dans le même temps, l'armée annonce un renforcement de sa présence dans la zone.
Un site de recasement improvisé à l'entrée de la ville
À l'entrée de Waza, une partie de l'espace qui abrite des services publics a été transformée en site de recasement, avec des habitations de fortune, rapporte le quotidien gouvernemental. C'est là que vivent désormais de nombreuses familles venues des villages frontaliers, où les incursions de Boko Haram se sont multipliées depuis la mi-septembre.
Les dons, composés de denrées alimentaires et de produits de première nécessité, ont été convoyés et distribués par le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, et par le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Ce dernier a insisté sur l'attention portée par le chef de l'État aux populations touchées par les violences.
Parmi les bénéficiaires, Essana Adam, sexagénaire originaire du village de Goulou Zibini, confie à Cameroon Tribune en être à son cinquième déplacement forcé en cinq ans. Il dit avoir perdu son épouse et d'autres proches dans les attaques et espère pouvoir un jour regagner son village.
Des milliers de personnes ont quitté les villages frontaliers
Le mouvement de population s'est accéléré après l'attaque du village de Madegoua, dans la nuit du 16 au 17 septembre, qui avait fait une quinzaine de morts. Selon les estimations des autorités relayées par la presse locale, plus de 18 000 personnes, réparties dans plus de 1 500 ménages, avaient déjà quitté leur localité au 22 septembre.
Le quotidien Mutations évoque des villages qui se vident de leurs habitants, tandis que Le Messager revient sur la situation des déplacés, souvent hébergés par des familles d'accueil elles-mêmes fragiles. Le maire de Waza, prenant la parole au nom des populations, a exprimé sa gratitude tout en rappelant l'ampleur des besoins.
Les organisations humanitaires présentes dans l'Extrême-Nord alertent de longue date sur la difficulté d'assister durablement ces populations, dans une région déjà confrontée à l'insécurité alimentaire, aux inondations saisonnières et à une forte pression sur les services de base.
Une base du BIR et de nouveaux postes de commandement
Sur le plan sécuritaire, Mutations annonce la mise en place d'une base du Bataillon d'intervention rapide (BIR) dans le Logone-et-Chari, complétée par des détachements ponctuels. Selon Journal du Cameroun, cette unité baptisée « BIR Lac-Tchad » doit compter à terme plus d'un millier d'éléments, dont environ 800 déjà déployés, le reste devant rejoindre progressivement.
Un nouveau poste de commandement de l'opération Lac-Tchad a par ailleurs été inauguré le 24 septembre dans l'arrondissement de Hile-Halifa. L'objectif affiché est de rapprocher les forces de défense des zones les plus exposées, de dissuader les incursions et, à terme, de permettre le retour des déplacés dans leurs villages.
Une réunion sécuritaire est annoncée à Maroua dans la foulée de cette visite ministérielle. Les autorités n'ont pas communiqué de calendrier précis pour le retour des populations, qui dépendra de l'évolution de la situation sur le terrain.