Le gouvernement camerounais et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) accélèrent la préparation d'un projet destiné à renforcer la résilience des régions septentrionales face à la sécheresse. Mardi 29 septembre, un atelier national réuni à l'hôtel Mont Fébé de Yaoundé devait examiner, finaliser et valider le document de projet, rapporte le site Actu 24.
Un document de projet soumis à toutes les parties prenantes
L'atelier a rassemblé une trentaine de participants : représentants des institutions gouvernementales, partenaires au développement, organisations de la société civile et experts techniques. L'objectif affiché était de garantir une appropriation collective du document avant sa finalisation.
Le projet porte sur la gestion intégrée des paysages, l'utilisation durable de la biodiversité et la résilience à la sécheresse dans le Nord et l'Extrême-Nord. Sa phase de préparation avait été lancée le 23 juillet 2026 à Yaoundé, à l'initiative de la FAO et en appui au ministère en charge de l'Environnement.
À ce stade, le montant définitif du financement et la liste exacte des localités ciblées n'ont pas été rendus publics. Ces éléments devraient être précisés une fois le document validé et soumis aux bailleurs.
Des régions en première ligne du changement climatique
Le Nord et l'Extrême-Nord figurent parmi les zones les plus exposées du pays aux aléas climatiques : saisons des pluies irrégulières, épisodes de sécheresse prolongés, mais aussi inondations brutales, comme l'ont encore montré les pluies de ces dernières semaines dans plusieurs localités du Grand-Nord.
Cette variabilité pèse directement sur l'agriculture et l'élevage, principales sources de revenus des ménages. L'Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) a d'ailleurs dû ajuster en 2026 le calendrier agricole de ces deux régions pour tenir compte des risques annoncés.
La dégradation des sols, la réduction du couvert végétal et la raréfaction de l'eau aggravent aussi les tensions autour des ressources, notamment entre agriculteurs et éleveurs, dans un contexte déjà fragilisé par l'insécurité liée à Boko Haram.
Restaurer les terres et sécuriser les moyens d'existence
L'approche par les paysages vise à traiter ensemble les questions de sols, d'eau, de forêts et de production agricole, plutôt que d'intervenir secteur par secteur. Elle s'inscrit dans le prolongement d'initiatives comme la Grande Muraille verte, à laquelle le Cameroun participe pour sa partie sahélienne.
Pour les communautés, les retombées attendues concernent la restauration de terres dégradées, l'amélioration de la gestion de l'eau et la diversification des activités génératrices de revenus. Les acteurs de terrain rappellent toutefois que la réussite de tels programmes dépend de leur mise en œuvre effective dans des zones parfois difficiles d'accès.
Le calendrier de démarrage des activités sur le terrain reste à confirmer. La rédaction de Le Sahel TV suivra les prochaines étapes de ce projet, attendu par de nombreux producteurs du Septentrion.