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AES : à Bamako, les ministres du Commerce veulent lever les barrières entre le Mali, le Burkina et le Niger

Façade d'un palais présidentiel

Après la défense et la diplomatie, l'économie. Le gouvernement malien a ouvert lundi 28 septembre à Bamako la cinquième session ministérielle de la Confédération des États du Sahel (AES) dédiée à l'industrie et au commerce. Les ministres du Mali, du Burkina Faso et du Niger, entourés d'acteurs du secteur privé, cherchent à structurer un espace économique commun, rapporte le site Yeclo.

Le troisième pilier de la Confédération

Selon les autorités de transition à Bamako, le volet économique constitue le troisième axe prioritaire de l'alliance sahélienne, en complément des accords de défense et des actions diplomatiques communes. La réunion vise à organiser l'espace confédéral autour de la libre circulation des marchandises et du développement des investissements transfrontaliers.

Cette session intervient quelques jours après la séquence de l'Assemblée générale des Nations unies, où les trois pays ont défendu une position commune. Elle s'inscrit aussi dans une série de rencontres sectorielles tenues ces derniers mois, notamment sur l'énergie, les mines et les télécommunications.

La présence du secteur privé régional traduit la volonté d'associer les opérateurs économiques aux décisions, alors que les commerçants et transporteurs sont les premiers concernés par les lenteurs aux frontières.

Des échanges encore modestes entre les trois pays

Les chiffres rappelés à l'ouverture montrent l'ampleur du chantier. D'après les données de la Commission de l'UEMOA pour les exercices 2021 et 2022, les échanges entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger se sont élevés à 351,6 milliards de francs CFA.

Ce montant ne représente que 17,09 % de l'ensemble de leurs transactions commerciales au sein de la zone UEMOA, contre 2 056,9 milliards de francs CFA réalisés avec les autres pays de l'Union. Autrement dit, les trois États commercent bien davantage avec leurs voisins côtiers qu'entre eux.

Les trois pays demeurent par ailleurs membres de l'UEMOA et utilisent le franc CFA, ce qui facilite en théorie les paiements mais n'efface pas les obstacles physiques et administratifs sur les routes.

Corridors, douanes et transformation locale

Les discussions portent en priorité sur la simplification du transit le long des corridors routiers inter-États, le retrait des obstacles non tarifaires, comme les contrôles multiples et les prélèvements informels, et l'harmonisation des règles douanières aux frontières communes.

L'exécutif malien plaide également pour une hausse des capacités de transformation industrielle locale des matières premières, afin de réduire la dépendance aux importations. Le Burkina Faso a récemment inauguré sa première raffinerie d'or, illustrant cette orientation.

Les conclusions de la session et les éventuels textes adoptés doivent encore être rendus publics. Leur application concrète sur les axes routiers, souvent exposés à l'insécurité, sera le véritable test de cette ambition commerciale.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV