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Afrique centrale

RDC : deux morts suspectes, à Butembo et Kinshasa, ravivent les tensions politiques

Bâtiment d'un parlement national

En quelques jours, deux décès survenus dans des circonstances controversées ont crispé le climat politique en République démocratique du Congo. À Butembo, un responsable local du parti présidentiel a été tué par une foule ; à Kinshasa, la justice a bloqué les obsèques d'un militant de l'opposition. Dans les deux cas, les versions divergent et les enquêtes n'ont pas encore abouti.

Un cadre de l'UDPS lynché à Butembo

Dimanche 27 septembre, à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, Marie-Célestin Karondwa, haut responsable local de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été battu à mort à son retour d'une émission sur la radio Mwangaza, rapporte Afrik.com. Sa maison a ensuite été incendiée. Son épouse et ses enfants n'étaient pas présents.

Lors de son intervention radiophonique, il avait défendu la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui touche la zone de santé de Butembo, où 256 cas confirmés et 165 décès étaient recensés au 26 septembre. Une partie de la population y reste méfiante envers les équipes médicales, sur fond de rumeurs et de théories complotistes.

L'UDPS locale privilégie la piste d'un assassinat lié à cet engagement sanitaire, mais les enquêteurs n'excluent pas d'autres hypothèses, dont un conflit de voisinage. Aucune interpellation n'avait été annoncée à la date de publication.

À Kinshasa, des obsèques suspendues par le parquet

Samedi 26 septembre, à l'Hôpital universitaire du Cinquantenaire, la famille et les cadres de la Coalition 64 (C64) s'apprêtaient à la levée du corps de Manassé Lomboto Lomengola, responsable de la sécurité du parti ADD Congo, lorsqu'une réquisition du parquet près le tribunal de grande instance de Kinshasa/Kalamu a bloqué les obsèques.

La justice a ordonné le maintien du corps à la morgue afin d'établir les circonstances exactes du décès, survenu après la manifestation réprimée du 15 septembre. L'ADD Congo affirme que son militant a succombé à des blessures infligées à Limete par une milice de jeunes proche du pouvoir.

Des sources hospitalières citées par Afrik.com indiquent au contraire que le corps ne portait pas de trace apparente de blessure, ce qui laisse ouverte l'hypothèse d'un malaise lors de la bousculade provoquée par les gaz lacrymogènes. L'opposition dénonce aussi un déploiement policier jugé intimidant autour de la morgue.

Une enquête promise, une opposition qui durcit le ton

Le ministère de la Justice a promis une enquête sur l'ensemble des violences du 15 septembre. Cette annonce n'a pas suffi à apaiser l'opposition : Martin Fayulu a annoncé le dépôt d'une plainte internationale visant directement le président Félix Tshisekedi.

Ces deux affaires illustrent la difficulté à distinguer, dans un climat de forte défiance envers les institutions judiciaires, ce qui relève de la criminalité de droit commun et ce qui relève d'une violence politique ciblée.

Elles surviennent alors que le débat sur un éventuel dialogue national et sur les projets de réforme constitutionnelle continue de diviser la classe politique congolaise, et que l'est du pays reste confronté à la fois aux violences armées et à plusieurs épidémies.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV