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Santé

Journée mondiale du cœur : l'Afrique face à la montée silencieuse des maladies cardiovasculaires

Bâtiment d'un hôpital universitaire

Célébrée chaque 29 septembre, la Journée mondiale du cœur a donné lieu cette année à plusieurs campagnes de sensibilisation sur le continent. En Côte d'Ivoire, des dépistages gratuits ont été organisés mardi à Anyama, près d'Abidjan, sous le thème « Utilisez votre cœur pour agir ». L'occasion de rappeler que les maladies cardiovasculaires progressent rapidement en Afrique, souvent sans symptômes jusqu'à la complication.

Dépister l'hypertension et le diabète au plus près des populations

À Anyama, la Fondation Orange Côte d'Ivoire, l'Institut de cardiologie d'Abidjan (ICA) et le Programme national de lutte contre les maladies métaboliques ont proposé des dépistages gratuits de l'hypertension artérielle, du diabète et de l'obésité, rapporte l'Agence ivoirienne de presse (AIP).

Selon les données communiquées lors de la cérémonie, les maladies cardiovasculaires feraient plus de 200 victimes chaque jour en Côte d'Ivoire. Le représentant du ministère de la Santé a rappelé, citant l'OMS, qu'elles représentent 15 % des décès liés aux maladies non transmissibles dans le pays.

La Semaine du cœur se poursuit jusqu'au 2 octobre avec des journées portes ouvertes et des dépistages gratuits à l'Institut de cardiologie d'Abidjan. Le président de la Société ivoirienne de cardiologie, le Pr Adoubi Anicet, a appelé à aller davantage vers les populations.

Première cause de mortalité dans le monde

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les maladies cardiovasculaires ont causé environ 19,8 millions de décès en 2022, soit près d'un tiers des décès enregistrés dans le monde. Une large part de ces décès survient dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

En Afrique subsaharienne, l'hypertension artérielle est particulièrement répandue et reste largement sous-diagnostiquée : de nombreux adultes ignorent leur tension, faute de contrôle régulier. Les accidents vasculaires cérébraux et l'insuffisance cardiaque en sont des conséquences fréquentes.

L'urbanisation, la sédentarité, une alimentation plus riche en sel, en sucres et en graisses, ainsi que le tabagisme et la consommation d'alcool contribuent à cette progression, y compris chez des adultes de plus en plus jeunes.

Des gestes simples de prévention

Les cardiologues rappellent que la majorité des maladies cardiovasculaires peuvent être prévenues : réduire la consommation de sel, pratiquer une activité physique régulière, arrêter le tabac, limiter l'alcool et surveiller son poids.

Faire contrôler sa tension artérielle au moins une fois par an, et plus souvent en cas d'antécédents familiaux, de diabète ou de surpoids, permet de détecter tôt une hypertension et d'éviter des complications graves.

Au Cameroun comme ailleurs, les médecins soulignent aussi le coût élevé de la prise en charge des complications, comme la dialyse en cas d'insuffisance rénale, ce qui plaide pour un investissement accru dans la prévention et les soins de santé primaires.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV